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L'abbaye de Saint-Hilaire

L'abbaye de Saint-Hilaire est une abbaye bénédictine fortifiée datant du VIIIe siècle.

Son histoire :
L'abbaye est construite sur l'ancien emplacement de la chapelle Saint-Hilaire, premier évêque de Carcassonne. Saint-Hilaire évangélisa la région du Carcassès au VIe siècle. La première mention de l'abbaye date de 825.

Jusqu'au XIIe siècle, l'abbaye bénéficie de la protection des comtes de Carcassonne et de nombreux membres de la famille Trencavel y sont inhumés. Pendant la croisade contre les Albigeois, les moines sont accusés d'hérésie et sont rattachés aux Frères Prêcheurs. Le monastère est pillé et ravagé. Les terres puis le monastère sont cédés à la communauté dominicaine de Prouille jusqu'en 1217. En 1246, Saint Louis ordonne au sénéchal de Carcassonne de restituer les terres à l'abbé de Saint-Hilaire.

Au XIVe et XVe siècle, l'abbaye connaît de nombreuses difficultés financières à cause des guerres et de la peste. C'est durant cette période que la blanquette de Limoux serait créée par les moines de Saint-Hilaire en 1531 dans les caves attenantes à l'abbaye. Au XVIe siècle, le monastère est soumis à la commende et les difficultés financières continuent. En 1758, les offices claustraux et les places monacales sont supprimés par l'évêque de Carcassonne. L'église abbatiale est alors utilisée par la paroisse. À la fin du XVIIIe siècle, l'abbaye est vendue.

Le cloître a été édifié au XIVe siècle. Le centre du cloître contient une fontaine en vasque datant du XVIe siècle.

La partie sud de la galerie du cloître dessert les réfectoires de l'abbaye. Un réfectoire pour les moines et un autre pour les étrangers de passage. Les deux réfectoires sont séparés par un épais mur renfermant une chaire de lecture du XIVe siècle très particulière. Elle permet la lecture des écrits religieux pour les deux réfectoires sans que le moine qui lisait ne soit vu. Un escalier étroit aménagé dans l'épaisseur du mur permet d'y accéder.

Le logis abbatial jouxte la salle capitulaire et était la chambre de l'abbé. Cette chambre présente une décoration remarquablement bien conservée. Le plafond à solives est peint au XVIe siècle. Il contient des formes géométriques et des représentations animales et humaines. Ces scènes parfois vulgaires étaient censées divertir l'abbé qui était nommé à la tête de l'abbaye.

L'église abbatiale date du XIIe siècle et abrite le sarcophage de Saint-Sernin.

Ce coffrage sculpté d'un seul bloc dans du marbre blanc des Pyrénées est attribué au maître de Cabestany. On pense qu'il s'agit d'un devant d'autel. Les sculptures entourant l'autel racontent la vie de l'évangélisateur Saint-Sernin, premier évêque de Toulouse au IIIe siècle.

Le côté droit du sarcophage raconte la vie d'évangélisateur de St-Sernin. Il possède une crosse à sa main droite et le livre des Évangiles grand ouvert. Ses deux disciples l'entourent : St-Honest évêque de Pampelune et Saint-Papoul évangélisateur du Lauragais.

La face avant côté droit, St-Sernin en pleine mission d'évangélisation au milieu de la population. St-Sernin est arrêté par les romains car le christianisme n'était pas toléré en 250. Des animaux représentant le paganisme et la barbarie sont représentés sous les pieds de St-Sernin.

La face avant côté gauche représente le martyr de St-Sernin. Il est attaché par une corde à un taureau qui le traine. Des piques et des chiens excitent le taureau. Des Saintes « Pucelles » sont bénites par St-Sernin.

Le côté gauche représente la mise au tombeau de St-Sernin. Le corps est allongé et soutenu par des jeunes femmes. L'âme de St-Sernin s'échappe de son corps vers le paradis accueilli par des anges. Des femmes se recueillent sur son tombeau dans le but d'obtenir une guérison ou un miracle.

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