Article mis en ligne le 17 août 2008.
Modifié le 24 janvier 2019.

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Camp celtique de Bierre, un camp de l'âge de fer

 

Le camp de Bierre (ou Bière ou Bierra) est un site archéologique préhistorique, celtique et gallo-romain, situé sur la commune de Merri dominant la plaine de Trun, au nord d'Argentan, dans l'Orne.

Le Camp de Bierre, une forteresse de l'âge de fer. Site archéologique emblématique de la protohistoire, probablement le plus important du genre dans l'ouest de la France par son ancienneté, sa monumentalité et son état de conservation, le camp de Bierre, avec ses imposants remparts de pierre sèche, nous transporte à l'époque où les Celtes étendaient leur civilisation sur une bonne partie de l'Europe.


Vue de l'éperon rocheux fortifié à l'âge de fer
©Panneau d'information présent sur le camp

Il s'agit d'une zone d’habitat fortifié, protégée par une enceinte de pierres et de terres sèches. C'est un camp à trois enceintes (tri-castrum).

Implanté entre Falaise et Argentan, sur la commune de Merri, le camp de Bierre occupe le sommet d'un éperon rocheux. Du haut de ce promontoire, on profitait en des temps reculés d'un point de vue privilégié pour surveiller les environs et contrôler la circulation des hommes et des marchandises. Le camp devait également servir de lieu de refuge aux populations riveraines en cas d'attaque ennemie. Il inscrivait en outre de façon symbolique la puissance de ses occupants dans le paysage. C'est donc à la fois pour ses caractéristiques défensives naturelles et pour le côté ostentatoire de sa topographie, que le site de Bierre fut très tôt occupé par les hommes, dès la fin du Néolithique, et qu'on y éléva des remparts pour le transformer en véritable forteresse de l'âge de fer.

Le site n'a l'air de rien quand on y pénètre, tout au plus quelques murets et quelques trous d'archéologues, mais au fur et à mesure qu'on s'avance on découvre les parties remises en forme, et là ça devient beaucoup plus impressionnant. La masse de pierres présentes ici est extrêmement considérable.


Une porte dans le rempart

Les archéologues semblent penser que les amas de pierre ci-dessus et ci-dessous constitueraient des portes du rempart, mais le système d'ouverture-fermeture n'a pas encore livré ses secrets.

Les populations celtiques qui s'installèrent à Bierre à l'âge de fer construisirent une enceinte en pierre sur toute la périphérie du promontoire rocheux. Un mur de près de 600 mètres de long, d'une facture beaucoup plus complexe qu'il n'y parait ! En son coeur, un enchêvetrement de poteaux et de poutres de bois maintenait un blocage de pierre. Les parements du mur étaient réalisés en pierre sèche, c'est à dire assemblés sans mortier. Lors de la construction, chaque bloc devait donc trouver sa place pour être parfaitement calé. Pour pénétrer au quoitidien dans cette imposante forteresse, un passage était très certainement aménagé dans le mur d'enceinte, du côté s'ouvrant en pente sur la plaine. Ce passage était selon toute évidence fermé par de très lourdes portes en bois capables de résister à une attaque. Mais cette partie du rempart s'est complétement écroulée et n'a pas encore été fouillée; son interprétation reste donc difficile.


Dans l'angle au bout, une autre porte ?

Bierre fut longtemps dénommé Camp César. On pensait en effet autrefois qu'il s'agissait de vestiges datant de l'époque de la guerre des Gaules, entre 58 et 52 av. JC. Ce sont les différentes campagnes d'investigations archéologiques qui ont permis depréciser la chronologie du site, fortifié aux alentours de 500 av. J.C. et de rattacher celui-ci à la civilisation celtique.


Sur le rempart, vue vers les portes


Sur le rempart, vue de la partie la plus longue du rempart, voyez la hauteur du rempart sur le côté droit de la photo

Le mure d'enceinte que l'on découvre en parcourant le périmètre du camp, fait de 2 à 7 m de hauteur. A certains endroits, il s'étale à sa base sur près de 30 mètres de large. En réalité, le rempart apparaît aujourd'hui moins haut et beaucoup plus large qu'il ne l'était à l'origine : il a été arasé par les affres du temps et ses pierres ont largement roulé jusqu'à son pied. A l'âge du fer, il s'agissait très certainement d'un mur pouvant atteindre 12 mètres de haut et environ 10 mètres d'épaisseur, probablement surmonté d'une sorte de chemin de ronde palissadé en bois.


Reconstitution du parement extérieur du rempart

Sur la photo ci-dessus, vous pouvez voir une reconstitution du parement extérieur du rempart selon une étude menée par Guy Verron en 1984. La coupe présentée sur la photo ci-dessus a été réalisée par M. Dandeville en 1884.


Le rempart restauré

La photo ci-dessus constitue une partie du rempart intérieur restauré selon les principes anciens.


La tour de guet
Vers la fin de l'âge de fer, le site fut délaissé. fut-il progressivement déserté ? fut-il la proie d'une attaque qui aurait ravagé les lieux ? L'étude récente de l'intérieur des murs montre que l'assemblage de poteaux et de poutres en voir, qui en constituait la structure interne, a brûlé, provoquant l'écroulement des remparts. Cette hypothèse est renforcée par la découverte de pierres portant les stigmates d'un incendie. La civilisation celtique étant de tradition orale, aucun document ne nous est parvenu pour nous relater l'épisode. Quoiqu'il en soit, le site semble plus ou moins inoccupé à partir du IIème ou du Ier siècle av. J.C. et ce jusqu'à l'époque médiévale.

L’enceinte est allongée du nord-est au sud-ouest sur près de 500 m de long. Cernée d’épaisses murailles, elle est défendue au sud-ouest, où se trouve l’entrée, par trois remparts parallèles. Les alentours sont alors dépourvus de végétation et la formidable forteresse dressée sur son éperon, avec ses murs de près de 10 m de hauteur, doit apparaître comme un refuge imprenable pour les éventuels assaillants.
L’oppidum est ensuite occupé à la période gallo-romaine puis au moyen-âge où des parements verticaux et une tour de guet sont ajoutés dans la muraille. En 1239, les terres du camp sont données à l’abbaye Sainte Marguerite de Vignats qui les conservera jusqu’à la Révolution.Vendu comme bien national en 1802, le camp de Bierre connait un morcellement progressif, l’intérieur est mis en culture et les murailles écroulées servent de pierriers.
Des fouilles et des relevés des vestiges ont lieu à la fin du XIXè siècle et au début du XXè siècle. Le camp et les deux vallons qui l’entourent sont classés parmi les sites et monuments naturels en septembre 1908, sur une surface de plus de 10 hectares. A partir de 1981, le Conseil Général de l’Orne rachète des parcelles pour reconstituer l’unité du camp.

Le camp est aujourd'hui site classé.
Des panneaux d'information l'agrémentent
Le site est totalement libre d'accès, et vous pouvez le découvrir soit via un sentier de découverte de 1,2 km, soit via un circuit-boucle de randonnée de 7 km.

 


 

Source :
- Panneaux d'information du site
- Revue "Patrimoine normand", n°107 nov-déc 2018, "Archéologie, le camp de Bierre"
- DREAL Normandie - Site classé n°61026
- Portail Persée, B. Edeine Sur une tour interne du rempart protohistorique du Camp de Bierre

 

 


 

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