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La Folletière-Abenon - Source de l'Orbiquet

 

Au sud d'Orbec, ville du Calvados, prend naissance un cours d'eau d'une trentaine de km, affluent de la Touques. Sa source se situe précisément dans la commune de La Folletière-Abenon.

Le site a été aménagé, ce qui nous permet de découvrir un peu l'histoire des lieux, et de connaître un peu mieux la source et ce petit cours d'eau.

La légende
A la Folletière-Abenon, il y a une légende qui prétend de nombreux feux follets sortaient de la source. C'est de là qu'est tiré de nom de la commune (Folletière).


Une source vauclusienne
La source de l'Orbiquet constitue l'émergence d'un système hydrologique qui se diffuse à travers un vaste réseau de conduits souterrains.

La première exploration du réseau souterrain eut lieu en 1964 sur une longueur de 60 mètres. En 1993, après plusieurs explorations, on parvint à la longueur actuelle de 815mètres, mais le réseau s'étendrait encore plus loin.

Par son puissant débit (env. 400l/s), elle est considérée comme étant la 4ème source vauclusienne de France. En période de crue, la source peut "cracher" un mascaret d'un mètre de haut ou plus.


Les moulins de l'Orbiquet
L'abondance de la source de l'Orbiquet et son débit puissant expliquent la présence de nombreux moulins depuis au moins le XIIème siècle.

La présence du moulin d'Orbiquet est attesté en 1230.

Dès sa sortie l'Orbiquet est si puissant qu'il faisait tourner, à moins de soixante mètres de la Source, un moulin construit au XVIIIème siècle dont il ne reste que la Roue, restaurée par le Conseil Général du Calvados.


Son parcours jusqu'à la Touques
L’Orbiquet s’écoule de la Folletière-Abenon jusqu’à Lisieux où il se jette dans la Touques.

Un parcours de 32 km, sinueux, dans lequel de nombreux ruisseaux viennent se jeter : le Tordouet, la Vespière, les Osiers, les Bellières, la Courtonne (grossie du Courtonnel), la Marolles (appelée aussi le Livet), la Prébende, le Carrelet et le Graindin.

Du long de ses 30 km, il draine un bassin versant de 370km2 et serpente dans l’une des plus belles vallées du Pays d’Auge, principalement bordé de villages dont l’histoire est largement marquée par la présence de cette rivière à la force tranquille.

Lorsque l’Orbiquet rejoint la Touques, son débit moyen est alors de 3,2m3/s.


De passage à proximité en sept. 2011, j'ai pris le temps d'y faire à nouveau un petit tour. Le lieu n'a pas changé, calme, et l'eau toujours aussi limpide.


Il faut croire que cette source me suit. J'ai trouvé un article de trois pages dans une revue sur le pays d'auge. Quelques extraits :

"... Il convient de faire remarquer à l §Cour que le sieur Filleul est seigneur et patron de la paroisse de la Folletière et, qu'entre le Septentrion et l'Orient de cette paroisse, il y a une coste, du pied de laquelle il sort une source ou fontaine des plus belles qu'il y ait dans le royaume. Elle est si forte que dans un très petit espace de son cours, elle fait moudre un moulin appartenant audit sieur de la Folletière..."
Sept. 1696, extrait d'un litige opposant Jean-François d'Irlande, écuyer, sieur du Taillis à Guillaume Filleul, siegneur de la Folletière. Il s'agit, dans ce procès de la propriété d'une puèce de terre labourable et de son irrigation à partir de l'eau provenant de la source.

La pratique des prés baigneurs

L'auteur du texte fait donc allusion à la caractéristique de la source de l'Orbiquet, qui est en réalité la résurgence d'une rivière souterraine, dont les eaux pourraient bien provenir de la Risle. L'eau de l'Orbiquet, avant d'apparaître à l'air libre, parcourt plusieurs centaines de mètres sous terre, son débit de 450 litres à la seconde lors de la résurgence en fait la quatrième de France; cette eau possède la propriété de se charger, au cours de son voyage souterrain, de sédiments calcaires riches en engrais naturels pour le sol, permettant pendant longtemps aux éleveurs de la vallée de l'Orbiquet, d'enrichir leurs prairies au moyen de petites vannes réglant les innombrables canaux, appelés "porteurs d'eau".

Cette pratique des prés baigneurs fut bénéfique à l'élevage laitier, si important à la fin du XIXème siècle quand la Normandie optait pour le couchage en herbe.

"Ainsi que tous les cours d'eau sortant d'un terrain crayeux, cet affluent est très limpide. Il le doit au calcaire qu'il traverse et qui clarifie ses eaux en lees filtrant.".
E. Levasseur, Geographie du Calvados

 


 

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