| Retour index |
|
|
A mortain, dans la Manche, dans le bas du site de la petite cascade, vous trouverez l'aiguille de la Cance ou Rocher de l'Aiguille. C'est un rocher d'escalade pour ceux qui sont intéressés.
La vasque dans laquelle s'amassaient les eaux du torrent, servait d'asile aux fées et aux nymphes de la contrée. Malheur à qui eût tenté de franchir les limites de l'antre sacré.
Un jour, un jeune guerrier, Léonix, voulut parvenir jusqu'à elles et tenter de surprendre les secrets de leur mystérieuse présence. Il parvint donc un soir jusqu'aux touffes épaisses d'arbustes qui entouraient la chaussée. Puis, écartant avec précaution les branches, il aperçut les nymphes qui venaient de sortir de l'onde cristalline.
Le bruissement du feuillage entr'ouvert les avait effrayées. Aussitôt la nymphe de la Cance se détacha de ses compagnes et se précipita en quelques bonds vers Léonix, et avec, un mouvement rapide, le transperça violemment du fuseau qu'elle tenait à la main.
Léonix, frappé à mort, s'affaissa aussitôt : il avait cessé de vivre.
Le sol s'entrouvrit pour engloutir son cadavre. Le fuseau de la nymphe, resté fiché dans la poitrine du téméraire, devint la pierre tumulaire que l'on voit encore aujourd'hui, non loin du pont de la vallée, sur le bord du précipice torrentueux.
C'est ce superbe et gigantesque obélisque, connu sous le nom d'Aiguille ou Fuseau, dont le sommet s'élève jusqu'à la hauteur du plateau voisin. Isolé de la masse des rochers qui l'avoisinent, il forme le monolyte le plus remarquable de toute la région.
Les compagnes de la nymphe de la Cance démolirent avec leurs fuseaux la chaussée, puis disparurent pour toujours de la vallée. On dit depuis que les éclats des eaux qui se font entendre en se heurtant contre les pieds des rochers, sont les échos de leurs sanglots.
|
| Retour index |
|