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SPA, la ville aux Pouhons

 

Un des derniers week-ends de mai en Belgique. Direction la ville de SPA en Wallonie ; si les français la connaissent surtout pour son circuit de formule 1 à proximité, c'est pour son eau que je me s'y suis rendue. Je n'ai pas trouvé d'eau de SPA en vente en France, mais j'avais adoré cette boisson lors de mon séjour en Angleterre.

SPA doit sa réputation de ville d'eau grâce à ses sources d’eaux ferrugineuses naturellement gazeuses, appelés Pouhons (terme wallon signifiant "puiser de l'eau").

Les eaux ferrugineuses sont connues depuis l'Antiquité pour leurs diverses qualités. Pline l'Ancien faisait déjà référence aux sources belges dans Histoire Naturelle :
"En Tongrie, pays de la Gaule, il y a une fontaine célèbre, dont l'eau, tout étincelante de bulles, a un goût ferrugineux, qui ne se fait toutefois sentir que quand on finit de boire. Cette eau purge le corps, guérit les fièvres tierces, et dissipe les affections calculeuses. La même eau, mise sur le feu, se trouble, puis rougit."

Arrivé à SPA, vous pouvez vous rendre à l'office du tourisme prendre une brochure sur la route des sources. Après c'est au choix, vous pouvez partir à la découverte des sources à pied ou en voiture.

J'ai opté pour le mode piéton en choisissant le parcours le plus connu :les pouhons du centre ville puis les sources du Tonnelet, de la Sauvenière et Groesbeek, de la Géronstère, puis de Barisart. Les bois sont extrêmement bien praticables et entretenus, et les ruisseaux que nous suivons donne un aspect de fraîcheur incontestable (il faisait 30°C ce week-end là).


1. Fontaine du Casino ; 2. Pouhon Pierre le Grand ; 3. Source Prince de Condé ; 4. Fontaine aux Armes d'Autriche
5. Source du Tonnelet ; 6. Source de la Sauvenière ; 7. Source Groesbeek
8. Source de la Géronstère ; 9. Source de Barisart

Il existe à SPA et à ses alentours proches beaucoup plus de sources que celles que j'ai pu voir. Pour les visualiser dans cette page, cliquez sur ce lien (attention, votre navigateur a pu bloqué le contenu au script).

Sauf contre-indication précisée, les photos sont celles prises lors de ma promenade.
Le texte présentant chacune des sources provient des informations prises à l'office du tourisme de SPA ou sur les panneaux présents sur chaque site, mais également des sites de référence suivants sur internet :
- Réalités, mensuel de SPA
- les Pouhons de SPA
- Maison du tourisme Pays des Sources

1. La Fontaine des jardins du Casino de Spa

La fontaine présente au centre des jardins du casino de Spa était autrefois un kiosque à musique.

Cette fontaine fut inaugurée la 17 septembre 1955. En mai 1956 elle fut ornée de quatre bas-reliefs évoquant les fontaines de la Sauvenière, de la Géronstère, de Barisart et du Tonnelet.


Ces bas-reliefs de pierre ainsi que les masques de bronze sont l'œuvre du sculpteur Frans Van Ranst.

La fontaine des jardins du casino se trouvent juste à côté de l'immense établissent thermal créé en 1868.

Il est considéré comme le fleuron du thermalisme spadois. Les traitements y sont évidemment fondés sur les qualités ferrugineuses et carbo-gazeuses des eaux avoisinantes, dont en particulier trois eaux provenant d'une même nappe aquifère: Marie-Henriette, Wellington et Tonnelet.

2. Pouhon Pierre le Grand

Le Pouhon Pierre le Grand est le plus célèbre pouhon du centre de Spa.

Il doit son nom au tsar Pierre 1er de Russie qui fit un séjour à SPA en 1714.

Le Pouhon Pierre-le-Grand a été construit en 1880 par l'architecte Victor Besme.

Ce pouhon abrite une des plus anciennes sources d'eau ferrugineuse de la ville de Spa. Autrefois, les curistes venaient déguster l'eau du pouhon pour ses vertus thérapeutiques.

Une fontaine à l'entrée vous invite à goûter cette eau. Vous aimez ou pas, c'est une question de goût ; moi j'aime ;-), mais elle a quand même un goût très particulier.

Lorsque je m'y suis rendue le pouhon abritait une exposition dédié à Leonard de Vinci, la maître de l'eau. Exposition globalement intéressante.

3. Source Prince de Condé

Cette source minérale était connue depuis 1849, date à laquelle elle fut exploitée pour des bains d'eau minérale faisant avec succès concurrence à l'établissement de bains construit par la ville de Spa à l'emplacement du bâtiment dit des "Petits Jeux" (bâtiment actuel de l'office du tourisme).

Cette source doit son nom à l' "hôtel Prince de Condé" qui l'abritait dans ses caves.

La source Prince de Condé est issue de la même nappe phréatique que celle de Pierre le Grand mais s'en différencie par une composition minérale plus riche acquise durant la partie finale de son trajet souterrain.

N'étant pas décidé à officier dans la galerie d'art contemporain qui occupe ce lieu, je n'aurais pas l'occasion de déguster son eau.

4. Aux armes d'Autriche

Non loin des pouhons Pierre Le Grand et Prince de Condé, on peut voir une fontaine dite "Aux Armes d'Autriche" déversant un fin filet d'eau ferrugineuse.

Elle doit son nom à une ancienne auberge "Armes d'Autriche" où le pouhon jaillissait dans ces caves.

Si la fontaine est alimentée par la source "Aux armes d'Autriche", de nos jours son tirant d'eau provient principalement de la source Marie-Henriette, du nom nom de la seconde reine des Belges, épouse du Roi Léopold II. Cette source se situe à proximité du lac de Warfaaz.

En 1867, une conduite en fer longue de 2850 mètres relie cette source à l'Etablissement des Bains déjà présenté plus haut.

Des travaux dans le coin m'ont empêché de prendre une photo intéressante, celle présentée ci-contre provient de wikipedia.

Nous laissons les sources du centre ville ici et partons dans les bois à la recherche des sources suivantes.

5. Source du Tonnelet

Première des sources à travers bois (aussi accessible par la route aussi pour les non marcheurs), cette source, était, du temps où les fiacres faisaient le Tour des Fontaines, le premier arrêt avant les sources de la Sauvenière, de la Géronstère et de Barisart.

La fontaine appelée aujourd'hui le Tonnelet a d'abord porté le nom de Frayneuse. C'est sous ce nom qu'elle apparaît en 1559 dans la liste des fontaines qui se trouvent autour de Spa dressés par Limborh.

C'est au début du 17ème siècle qu'elle apparaît sous le nom de "Tonnelet", du nom du petit bassin ou tonneau qui hébergeait la source.

Le pavillon à arcades que l'on peut apercevoir sur le tableau situé derrière la fontaine représente le bâtiment édifié en 1841.

Le bâtiment actuel en rotonde fut décidé en 1893 et l'ensemble qui subsiste toujours de nos jours fut achevé en juillet 1894.


La rotonde abritant la source

Intérieur de la rotonde, la source
6. La source de la Sauvenière

Les sources de la Sauvenière et de Groesbeek sont situées à très fiable proximité l'une de l'autre si bien qu'elles sont aujourd'hui à peine dissociées.

Cette source était l'une des plus fréquentées des sources de Spa. Une fréquentation à une certaine époque lui valut le surnom de fontaine écclésiastique.

Elle fut découverte par Saint-Renacle, qui laissa, selon la légende, l'empreinte de sa sandale.

Elle devint un but de pélerinage pour les jeunes époux, la source possédant des vertus propres à effacer la stérilité.

Une galerie relie le bâtiment de la Sauvenière à la source abritée sous un kiosque à moitié enterré.

Les deux photos ci-dessus sont issues du mensuel Réalités.

7. La source Groesbeek

Cette source prit son nom du baron de Groesbeek qui, en 1651, fit construire une niche pour l'abriter.

Jaillissant à quelques pieds de la première, ce pouhon faillît supplanter celui de la Sauvenière affaibli après la tremblement de terre de 1692, mais des travaux entrepris aussitôt firent retrouver la veine d'eau douce qui fut détournée, ce qui fait que la source reprit ses qualités et qu'on abandonna la Groesbeek pour revenir à l'ancienne.

Avant de partir à la source de la Géronstère, petites vues des bois et des nombreux ruisseaux qui courent à travers les bois. La photo ci-dessous a été prise à proximité de la Sauvenière.

8. La source de la Géronstère

Cette source est déjà citée en 1559, et était recommandée pour les affections des voies respiratoires.

Très peu gazeuse et peu ferrugineuse, avec une forte odeur de soufre, il est possible de la goûter. On vous prévient alors de son "goût très sulfureux". Je ne bois pas de soufre à l'occasion, mais je confirme son goût très prononcé ! (pas trop aimé celle là).

Elle fut également appelée aussi l'"Enragée" parce qu'elle provoquait "vomissements et dévoiements, en procurant ivresse et hallucinations".

Le tsar Pierre-le-Grand la fréquenta assidûment lors de sa visite à Spa en 1717. C'est en abusant sans doute de cette eau qu'il aurait eu la vision de ses fameuses "Ondines" reprises en statue au pouhon Pierre-le-Grand.

En 1651, le comte Conrad von Burgsdorff fit construire une niche en marbre abritée par un dôme porté par quatre colonnes de marbre rouge.

Reconstruite à la fin XXème siècle (~1975/1978), la source se situe dans un cadre très appréciable. Les bâtiments reconstruits ont repris les aspects connus des bâtiments du XVIIIe siècle.


Le pavillon et le temple d'eau qui abritent la source furent donnés à Spa par le Comte de Burgsdorff en 1651. Une plaque commémorative présente sur le site y donne les indications suivantes :

Conrad von Burgsdorff, grand chambellan, premier conseiller d'état, colonel, gouverneur-général de tous les forts et forteresses du serenissime electeur de Brandebourg dans son état electoral, grand prévot des églises cathédrale de Halberstadt et Brandebourg, chevalier de l'ordre de St Jean et commandeu du baillage de Lagow, seigneur de Gross Machnow, Goldbeck Buckow et Obersdorf, a fait ériger ce monument en reconnaissance à la Nymphe de Geronster. Anno 1651.

Barisart

Déception pour la dernière source. Entiérement en travaux, il ne restait que le restaurant d'accessible (vive les touristes !).

Aucune photo possible donc, celles-ci ont été récupérées sur internet.

La source est mentionnée pour la première fois sous le nom de "Barisair" en 1438 puis "Barisare". Des bassins furent très tôt adjoints à la source. Au début du XIXe siècle, la source est complètement abandonnée. Elle fut réhabilitée au milieu du XIXème siècle et fut dotée en 1859 d'un pavillon qui servait d'auberge.

Le bâtiment actuel date de 1972 et reprend des matériaux régionaux. Un pavillon-annexe abrite en sous-sol la source ferrugineuse.

Un peu vexée de ne pouvoir visiter la source, je ne me suis pas arrêtée au bar mais il est indiqué que l'eau est agréable à boire, fraîche et piquante, sans goût de soufre (contrairement à sa voisine et précédente donc !).

 


 

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