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Vieux-la-romaine, la maison au grand péristyle

 

SITUATION GEOGRAPHIQUE
Pays : France
Département : Calvados
Commune : Vieux
Table de Peutinger
La Table de Peutinger, appelée aussi Carte des étapes de Castorius, est une copie du XIIIe siècle d'une ancienne carte romaine où figurent les routes et les villes principales de l'Empire romain. Elle serait l'œuvre d'un moine copiste anonyme de Colmar, qui aurait reproduit vers 1265 un document plus ancien.

La Table est composée de 11 parchemins conservés; un douzième étant perdu. Ceux-ci sont assemblés pour former une bande de 6,82 m sur 0,34 m. Elle montre 200 000 km de routes, mais aussi l'emplacement de villes, mers, fleuves, forêts, chaînes de montagnes.

La Table montre la totalité de l'Empire romain, le Proche-Orient et l'Inde, indiquant le Gange et Sri Lanka (Insula Taprobane), et même la Chine est mentionnée.

Aregenua, capitale du peuple gaulois des Viducasses, était citée comme ville étape sur la table de Peutinger.

Créée au Ier siècle ap. JC, elle connaît son âge d'or aux IIème et IIIème siècles.

Petit à petit délaissée, la capitale gauloise ne deviendra qu'une petite ville d'agglomération au Moyen-âge, aujourd'hui connue sous le nom de Vieux.

Très souvent également appelée "Vieux-la-Romaine", ce nom ne désigne pourtant que le site archéologique gallo-romain. Site fouillé depuis l'époque de Louis XIV, il fait encore l'objet de nombreuses fouilles actives, ce qui en fait le site archéologique le plus connu de Basse-Normandie.


Restitution hypothétique d'Aregenua
(Reconstitution réalisée par le service archéologie du CG14 @M.A. Rohmer)

La visite du site archéologique passe par le musée abritant l'histoire des lieux, un ensemble d'objets retrouvés lors des fouilles, ainsi que des expositions temporaires. Pendant notre visite il s'agissait de l'exposition "Gaulois sous les pommiers - découverte de l'âge de fer en Basse-Normandie".


L'entrée du musée

De nombreux sites romains ont été mis en évidence lors des différentes fouilles : des aqueducs, divers édifices publics, un théatre, une maison avec cour en U, un forum, un temple, des thermes, la maison au grand péristyle, ...

nota : Les plans et schemas ci-dessous sont issus des panneaux informatifs présents sur le site
(©Conseil général du Calvados, service archéologie)

Avec la visite du musée, vous pouvez accéder librement à la visite de la maison au grand péristyle située à proximité. Les autres sites continuent de faire l'objet de fouilles. Face à la maison au grand péristyle, vous pouvez apercevoir les fouilles du forum. Le terrain de fouilles est accessible au public à certaines périodes de l'année.

Le schéma ci-dessous présente certains des différents terrains de fouilles au cours des dernières années.

La maison au grand peristyle

(extrait du guide de la visite)
Bien qu'Aregenua ait été identifiée dès le XVIIème siècle et fouillée à maintes reprises à partir de 1697, son plan et ses monuments restent néanmoins très mal connus. [...] De 1988 à 1991 a été menée la fouille exhaustive d'un gisement de 2600m² situé dans le quartier des thermes de la ville antique. Ces explorations ont conduit à la mise au jour de nombreuses structures (bâtiments et voies de diverses époques) qui, du fait de l'absence d'urbanisatio depuis l'époque romaine, ont pu être étudiées dans de relativement bonnes conditions.

L'élément le plus remarquable du lot est constitué par une très riche demeure (domus) consolidée et restaurée en 1992-1933.

Dans son état actuellement visible, cette dernière date de la fin du IIème siècle ou du début du IIIèmesiècle et recouvre les vestiges plus ou moins bien conservés de cinq niveaux successifs de constructions.


Vue d'ensemble de la maison au grand peristyle

Elle occupe une superficie d'environ 1500m² mais l'existence d'un étage sur les ailes nord et ouest porte la surface réellement occupée à plus de 2000m². Ces dimensions sont remarquables pour une maison urbaine.

L'intérêt de cette domus réside, en effet, moins dans ses dimensions,normales pour une demeure noble, que dans son plan et dans son ornementation, mais aussi dans le fait qu'il s'agit d'un des très rares cas d'habitat urbain riche intégralement fouillé en Gaule.

La maison est bâtie sur un plan centrée sur un jardin à péristyle autour duquel sont disposées des rangées de pièces.


Contrairement à ce que pourraient laisser penser les ruines actuellement visibles, la décoration de la maison, telles que la fouille et l'étude qui l'a suivie ont permis de la restituter, était extrêmement riche et colorée.

Hormis les peintures, omniprésentes, le décor était constitué de colonnes ciselées de motifs végétaux ou de scènes figurées, de piliers ornés de bas-reliefs à scènes mythologiques, de plusieurs mosqaïques polychromes et sans doute également de statues dont une a été retrouvée dans un salon d'apparat.

Les éléments retrouvés lors de la fouille font actuellement ce cette construction la demeure la plus richement décorée connue en Gaule.

Une large galerie dallée longeant la façade de la maison servait de trottoir protégé de la pluie et du soleil. En bordure de rue, des colonnes posées sur de gros blocs de marbre soutenaient l'étage construit en encorbellement au-dessus de cette galerie.


Quatre piliers de la galerie de façade

Cette maison dispose du summum des équipements de confort de l'époque : eau courante sous pression alimentant bains privés, bassins et jets d'eaux, égouts d'évacuation des eaux pluviales et usées, système de chauffage par le sol et les murs.


La chambre de chauffe

La chaleur produite dans une chambre de chauffe passe par un conduit voûté en briques, circule entre les pilettes soutenant le sol et monte dans les murs par l'intermédiaire de tuyaux en terre cuite qui permettent de chauffer les parois et d'évacuer les fumées vers l'extérieur. Des expériences ont déterminé qu'un tel système permettait d'atteindre couramment des températures de 18 à 20°C.

La maison est appelée "maison au grand peristyle" à cause de son grand péristyle centrale. Un péristyle est une galerie de colonnes faisant le tour extérieur ou intérieur d'un édifice, en dehors de son mur d'enceinte.


Le grand peristyle vu du belvédère


Le bassin et les colonnades du peristyle


Le grand peristyle de la galerie de façade


Le bassin


Le laraire
chapelle domestique où l'on dépose les offrandes pour honorer l'âme des morts (les Mânes) et les divinités protectrices de la maison (les Lares)


Le puits et le bassin

Dans l'une des travées de la maison on trouve des restes d'une mosaïque. Il est indiqué qu'il s'agit de l'emplacement de la salle de réception. La vaste pièce était décorée d'une mosaïque au sol, d'enduits peints à scènes mythologiques et d'une statue de déesse protectrice "la tutela" que nous retrouvons au musée.


La mosaïque de la salle de réception

 


 

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