Article publié 27 sept. 2010, modifié le 6 nov. 2018.

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Abbaye d'Orval

 

Abbaye d'Orval :
Retirée au milieu des bois de la Gaume, l'abbaye d'Orval est fondée en 1070 par des moines bénédictins venus de Calabre, au sud de l'Italie, et devient dès le XIIème siècle un des plus célèbres et des plus riches monastères d'Europe.

J'ai eu l'occasion de visiter deux fois cette abbaye, une première fois en 2010, année d'origine de cette page, et une deuxième fois en 2018. A cette occasion, j'ai pu découvrir le nouveau musée (les anciennes caves), et retrouver la beauté des lieux, ce coup-ci, sous un beau soleil. De quoi mettre à jour les photos de cette page, et d'y ajouter quelques éléments.

Toutes les photos présentées sur cette pages sont les miennes, 2010 ou 2018. La majorité des textes explicatifs sont ceux présentés sur le site lui-même.

Un lieu à découvrir ... et peut être une bière à déguster aussi !

1. Ruines médiévales; 2. Hôtellerie des retraitants; 3. Brasserie; 4. Fromagerie; 5. Basilique; 6. Cloître

 

La légende et l'histoire :
Le nom de l'abbaye, Orval (val d'or), et son blason représentant un poisson d'où sort une bague ornée de trois diamants, rappellent la légende selon laquelle la comtesse Mathilde, duchesse de Lorraine, protectrice de l'abbaye, avait perdu dans une source son anneau nuptial. Celui-ci lui fut rendu par une truite miraculeuse.

 

Le circuit fait découvrir les ruines du Moyen-Age et du XVIIIème siècle.

Près de la fontaine Mathilde, les ruines gothiques de l'église notre-dame se dressent un cadre de verdure. La rosace du bras gauche du transept, les chapiteaux romans, gothiques ou Renaissance des piliers sont remarquables.

Dans le choeur se trouve le tombeau Wenceslas, premier duc du Luxembourg. Le choeur à chevet plat cistercien ayant été jugé trop petit, on lui ajoignit une abside au XVIIème siècle.

On visite ensuite le cloître, rebâti au XIVème siècle, et les caves du XVIIIème siècle.


Plan de l'abbaye d'Orval en 1760


Entrée de l'abbaye


Première vue des ruines médiévales


Vue des ruines médiévales depuis le balcon de l'apothicairerie

Dans la cour qui précède les ruines médiévales sont disposées quelques statues modernes, représentant des figures de l'art sacré (Jésus, Marie, ...).


Art sacré

L'église Notre-Dame est construite à la fin du XIIème siècle. Elle est dans le style gothique mais avec des réminiscences romanes. Elle est modifiée au XVIème et au début du XVIIème siècle.

La capacité d'accueil du monastère n'a cessé de s'étendre au point de nécessiter la construction d'une aile autonome comportant toutes les commodités : cuisine, cellier, réfectoire, dortoir ....

L'ancienne salle des hôtes, dont un pignon remonte au XIIIème siècle, a été reconstruite pendant la campagne de restauration qui a précédé la Seconde Guerre mondiale.

Au XVIIIème siècle, cependant, le monastère est si prospère qu'on entreprend une nouvelle construction, confiée à l'architecte Dewez. A peine réalisée, celle-ci est de nouveau dévastée par les sans-culottes (1793).

En 1637, l'abbaye, incendiée et pillée par les huguenots, doit être reconstruite.

L'abbaye est supprimée en 1796.

L'ancien cloître

La salle du chapitre (salle capitulaire)
La salle capitulaire, aussi appelée salle du chapitre, est le lieu où se réunit quotidiennement la communauté religieuse d'une abbaye. C'est le est lieu où l'on discute de toutes les affaires de la communauté : les questions touchant l'organisation matérielle du monastère, l'admission au noviciat comme à la profession religieuse définitive, l'élection des abbés, la réception des hôtes de marque, et les questions de discipline communautaire. Y sont faites également les annonces et proclamations communiquées par l’évêque ou le pape.


Salle du chapitre


Salle du chapitre

La fontaine Mathilde :
Le bassin circulaire de la Fontaine Mathilde est alimenté par la source d'Orval et sert à la fabrication de la bière et du fromage.

La légende attribue l'origine de l'abbaye d'Orval à un geste de gratitude de la Comtesse Mathilde de Toscane (v. 1046-1115), veuve de Godefroy-le-bossu, duc de Basse-Lorraine, et tante du célèbre Godefroy de Bouillon.

Un jour qu'elle chassait dans les bois du comté de Chiny, Mathilde s'arrêta au bord d'une fontaine dans une vallée. Voulant s'y désaltérer, elle y laissa tomber par mégarde son alliance qu'elle ne put récupérer. Alors elle se rendit à un chapelle voisine et se mit à prier Dieu dans une chappele voisine. De retour à la fontaine, une truite apparut à la surface de l'eau, portant en sa gueule le précieux anneau. Mathilde se serait alors écriée : "Vraiment, c'est ici un val dor ! (Aurea Vallis)".

La tradition rapporte qu'elle donna une forte somme aux moines installés depuis peu par le comte de Chiny pour qu'ils édifient une grande église.

Lors de ma visite en 2018, une banderolle d'un dessin original de Jean-Clause Servais illustrait la légende de la fontaine.

Le tombeau de Wenceslas (1337-1383)
Le fils de Jean l'Aveugle a été le premier duc de Luxembourg entre 1354 et 1383.

Venceslas Ier de Luxembourg, né à Prague le 25 février 1337, mort à Luxembourg le 8 décembre 1383, fut duc de Luxembourg de 1353 à 1383, et duc de Brabant et de Limbourg de 1355 à 1383. Il était fils de Jean l'Aveugle, roi de Bohême et comte de Luxembourg, et de Béatrice de Bourbon.
Son frère ainé Charles fut élu empereur germanique et lui confia le comté de Luxembourg en 1352. Deux ans plus tard, le 13 mars 1354, il érigea le Luxembourg en duché.

Venceslas meurt de la peste à Luxembourg en 1383. Transporté à l'abbaye d'Orval qui à des liens avec la maison de Luxembourg il est inhumé dans un sarcophage qui se trouve encore au centre du chœur de l'ancienne église abbatiale, actuellement en ruines.

Le tombeau de Wenceslas a été mis à jour lors d'une campagne de fouilles en 1930.
En 1383, au milieu du sanctuaire abbatial, le caveau du duc est érigé en mausolée sculpté dans la pierre noire et surmonté d'un gisant de marbre blanc allongé sous un dais gothique.
Il est transféré en 1870 dans l'église Saint-Bernard avant d'être démoli en même temps que l'abbaye en 1793. Bien qu'en grande partie détruit par la suite le monument, nous est bien connu par un dessin et une description datant de 1786. En 1967, les moines d'Orval ont recomposé ce tombeau à son emplacement primitif et dans sa forme originale, avec les éléments retrouvés en 1930. Là où les pierres sculptées font défaut, le décor a été esquissé dans le ciment; le dais a pour sa part été reconstitué et une reproduction de la lame de bronze portant l'épitaphe a été réalisée. Aujourd'hui, seul manque le gisant, définitivement disparu et trônant autrefois sur cet imposant monument.
©"Sur les traces des anciens pays de Wallonie", pages 233-234.

 

Ci Gist Très Excellaint
Et Vaillant Prince
Wenceslaus De Boeme Duc
De Lucembourch De Brabant
De Laimbourch De Lotrin Et Conte
De Chiny Qui Trespasant l'An 1383
La Nuit De Conception De Notre-Dame
Priés Pour Lui Que Dieu En Ait L'Ame.

 

Les caves :
Les caves du XVIIIème siècle ont servi de fondation du nouveau monastère. Elles serviront d'oratoire jusqu'en 1939.

A l'occasion de ma nouvelle visite des lieux en 2018, je découvre ici, des caves restaurées et un nouveau musée. En images, quelques éléments de cette découverte.


Entrée des caves


Une planche originale de Jean-Clause Servais, dessinateur à l'origine de la BD "Orval"


Graduel cistercien, 1899

Le graduel est une pièce de chant grégorien pour la messe, chanté à la suite de la première lecture. Par extension, c'est un recueil des chants grégoriens qui peuvent être chantés à la messe. Son nom vient de la pratique qui consistait à faire chanter le « répons graduel » par deux ou trois chantres, qui se plaçaient sur les « marches » (latin = gradus) du jubé pour mieux se faire entendre. Le nom de ce chant s'est étendu à tout le recueil.


Horloge de l'abbaye Notre-Dame d'Orval


Détail de l'horloge de l'abbaye d'Orval

Le chêne pédonculé aurait été planté en 1793, peu avant l'arrivée des révolutionnaires français. Sa circonférence dépasse les 4,30 mètres.

L'officine d'Orval ne semble avoir existé qu'à partir du XVIIIème siècle. Elle jouxtait l'infirmerie.


L'apothicairerie et le quartier des hôtes

Tenue par le frère pharmacien, assisté de deux apothicaires, la pharmacie servait à la préparation de toutes sortes de remèdes composés proncipalement de substance d'origine végétale. Le pharmacien faisait appel à des cueilleurs pour les racines, herbes, fleurs et fruits servant à ses mixtures. Conservé par les gens des environs, il lui arrivait souvent d'exercer lui-même la médecine de manière empirique.


Intérieur de la pharmacie


Armoire officinale et balance d'Orval

La pharmacie fabriquait aussi des remèdes qu'elle vendait ou distribuait aux pauvres du voisinage comme :
- l'eau impériale : distillation de bois exotiques et de semneces aromatiques, recommandée pour les maux les plus variés : empoisonnement, rage, accouchement, apoplexie, contagion, coups d'épée, petite vérole, ...
- l'eau d'Arquebusade : mélange de vingt espèces de plantes macérées dans du vin blanc et distrillées, recommandée pour les blessures et les coups
- l'eau d'Orval, dont la recette est perdue.

Balance de l'ancienne pharmacie d'Orval :
Trois colonnettes soutiennent un gracieux support à coubres et contre-courbes auquel sont suspendus plusieurs trébuchets. au centre, un socle en forme de sphère porte une statuette en bois polychromé de Saint Michel ailé, casqué, cuirassé et botté. sous celui-ci, un dragon soulève sa tête dans un dernier soubresaut. Le socle élégamment galbé est mundi de tiroirs pour le rangement des poids.

Le musée de la pharmacie des moines est précédé d'un jardin de plantes médicinales.


Le jardin des plantes médicinales

Un jardin médicinal, aussi appelé jardin des simples, du latin "hortus medicus" est un espace où l'on cultive particulièrement des plantes aux vertus médicinales. C'est un jardin traditionnel du Moyen-Age que l'on retrouve souvent dans les châteaux et monastères. On y trouve nombre d'herbes aromatiques, condimentaires et médicinales, par exemple thym, sauge, mélisse, hysope, ...


Le jardin des plantes médicinales

Le nouveau monastère
La résurrection du monastère a été entreprise en 1926 par les moines cisterciens de l'abbaye de Sept-Fons, dans le Bourbonnais (France).

La première aile fut achevée dès 1928 et abrita la vie monastique pendant plus de dix ans. La première pierre de l'église abbatiale fut posée le 19 août 1929. L'édifice fut achevé à la veille de la deuxième guerre mondiale.

Le monastère, achevé en 1948, a été construit à l'emplacement des bâtiments du XVIIIème siècle. Sobre et élégant, dans une pierre chaude et dorée, il reproduit le plan traditionnel cistercien.

Devant la cour des retraitants se dresse la façade de la nouvelle église abbatiale, d'une grande pureté de lignes, où s'inscrit une monumentale vierge à l'enfant.

 

Fromagerie de l'abbaye
La fabrication du fromage à l'abbaye d'Orval date de 1928, deux ans après le retour des moines.

Le fromage d'Orval est une fabrication propre à l'abbaye trappiste d'Orval à base de lait entier pasteurisé du pays gaumais. Sa pâte pressée, non cuite, à croûte naturelle lavée se distingue par son onctuosité.

En Belgique, le fromage d'Orval se classe dans la catégorie des fromages appelés "Plateau". Le fromage d'Orval a pour ancêtre la recette mise au point en 1816 par les trappistes de l'abbaye de Port-du-Salut, à Entrammes, en Mayenne (France).

 

La brasserie d'Orval
La Brasserie appartient à la communauté monastique.

Il n'est pas possible de visiter la brasserie en activité, mais un musée est proposée dans un des anciens bâtiments de l'abbaye. Il présente des pièces d'origine, ainsi que des explications sur la fabrication de la bière.


bâtiment hébergeant le musée de la brasserie d'Orval


Cuve à moult


Détail d'une cuve


Détail d'une cuve


Balance à houblon, l'élément principal de toute bière !


Caisse de bières d'Orval, prêtes pour la livraison


L'eau de source d'Orval ... un élément indissociable de la bière d'Orval

 


 


Enseigne de bar, bière d'Orval


Publicité Orval - bière et fromage

 


 

Publication 17-oct-2010

J'ai découvert récemment une BD en 2 tomes du scénariste-dessinateur Jean-Claude Servais : "Orval".

Très bien dessinée, la BD retrace l'histoire de l'abbaye d'Orval avec son passage mythique de l'anneau, sa grandeur et sa décadence. Bien que romancée, les grandes dates de l'histoire de l'abbaye sont racontées et cela fera, pour les curieux, un excellent complément à la visite.

A noter, l'existence d'une édition spéciale du deuxième tome qui en quelques pages à la fin de la BD, raconte l'histoire de l'abbaye en détail par Marc Heyde.

Le val d'or, c'est ce lieu merveilleux de beauté et de richesses natuirelles que des moins bénédictins découvrent en l'an 1070, au cours de leur périple à la recherche de l'endroit propice à l'édification de leur abbaye. Observants de la règle de Saint-Benoît, ils vivent dans la simplicité et le silence, loin de la cupidité et de la violence du monde. Celles-ci franchiront pourtant le clos de l'abbaye, apportant avec elles elles leur lot de souffrance et de désolation ..."

En choississant de nous raconter l'histoire de l'abbaye d'Orval, à travers quelques épisodes emblématiques, Jean-Claude Servais fait oeuvre d'historien et de moraliste en brossant, de son trait ample et sûr, le portrait d'un ordre religieux animé d'un idéal de purté, rattrapé par les turpitudes de ce monde. Des dates-clés rythjment le récit de Jean-Claude Servais : la fondation de l'ordre en l'an 500 en Italie, l'arrivée des moines en Lorraine, dans la vallée d'Orval, en l'an 1070, l'édification fastueuse dans les années 1780 d'une nouvelle abbaye, sa destruction au moment de la Révolution ... jusqu'à sa renaissance, en 1926.

La destinée des personnages qu'il met en scène au tournant de la Révolution française, se trouve étroitement liée à l'abbaye, qui sera le théatre de leur perte ou au contraire le refuge de leur fidélité, sous le regarde énigmatique et lointain des loups d'Orval, tout à la fois sentinelles des passions humaines et incarnations de la nature sauvage des lieux.

Le dessin de Jean-Claude Servais, d'un romantisme foisonnant, donne vie aux sous-bois qu'il aime à évoquer, dans la luxuriance contraste avec l'élégant classicisme de l'abbaye. Un mélande de réalisme et de merveilleux font de ce récit une fresque d'une beauté saisissante.
(texte : relations médias Dupuis)

 


 

Flyers ... Abbaye Notre-Dame d'Orval ... une longue histoire ...

 


 

Bibliographie :
- Sur les traces des anciens pays de Wallonie
- Tourisme Luxembourg belge - Orval, ce val d'or où vivent les moines brasseurs de trappiste
- La légende d'Orval par DivineBox

 

 


 

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