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Abbaye d'Orval

Abbaye d'Orval :
Retirée au milieu des bois de la Gaume, l'abbaye d'Orval est fondée en 1070 par des moines bénédictins venus de Calabre, au sud de l'Italie, et devient dès le XIIème siècle un des plus célèbres et des plus riches monastères d'Europe.

1. Ruines médiévales
2. Hôtellerie des retraitants
3. Brasserie
4. Fromagerie
5. Basilique
6. Cloître

La légende et l'histoire :
Le nom de l'abbaye, Orval (val d'or), et son blason représentant un poisson d'où sort une bague ornée de trois diamants, rappellent la légende selon laquelle la comtesse Mathilde, duchesse de Lorraine, protectrice de l'abbaye, avait perdu dans une source son anneau nuptial. Celui-ci lui fut rendu par une truite miraculeuse.

A la fin du XIIème siècle, est construite, dans le style gothique mais avec des réminiscences romanes, l'église Notre-Dame. Elle est modifiée au XVIème et au début du XVIIème siècle. En 1637, l'abbaye, incendiée et pillée par les huguenots, doit être reconstruite.

La capacité d'accueil du monastère n'a cessé de s'étendre au point de nécessiter la construction d'une aile autonome comportant toutes les commodités : cuisine, cellier, réfectoire, dortoir ....

L'ancienne salle des hôtes, dont un pignon remonte au XIIIème siècle, a été reconstruite pendant la campagne de restauration qui a précédé la Seconde Guerre mondiale.

Au XVIIIème siècle, cependant, le monastère est si prospère qu'on entreprend une nouvelle construction, confiée à l'architecte Dewez. A peine réalisée, celle-ci est de nouveau dévastée par les sans-culottes (1793). L'abbaye est supprimée en 1796.

Le circuit fait découvrir les ruines du Moyen-Age et du XVIIIème siècle.

Près de la fontaine Mathilde, les ruines gothiques de l'église notre-dame se dressent un cadre de verdure. La rosace du bras gauche du transept, les chapiteaux romans , gothiques ou Renaissance des piliers sont remarquables.

Dans le choeur se trouve le tombeau Wenceslas, premier duc du Luxembourg. Le choeur à chevet plat cistercien ayant été jugé rop petit, on lui ajoignit une abside au XVIIème siècle.

On visite ensuite le cloître, rebâti au XIVème siècle, et les caves du XVIIIème siècle.


Plan de l'abbaye d'Orval en 1760


Salle du chapitre

La fontaine Mathilde :
Le bassin circulaire de la Fontaine Mathilde est alimenté par la source d'Orval et sert à la fabrication de la bière et du fromage.

La légende attribue l'origine de l'abbaye d'Orval à un geste de gratitude de la Comtesse Mathilde de Toscane (v. 1046-1115), veuve de Godefroy-le-bossu, duc de Basse-Lorraine, et tante du célèbre Godefroy de Bouillon. Un jour qu'elle chassait dans les bois du comté de Chiny, Mathilde s'arrêta au bord d'une fontaine dans une vallée. Voulant s'y désaltérer, elle y laissa tomber par mégarde son alliance.

L'histoire ajoute qu'elle se mit à prier Dieu dans une chappele voisine et qu'une truite apparut à la surface de l'eau, portant en sa gueule le précieux anneau. Mathilde se serait alors écriée : "Vraiment, c'est ici un val dor ! (Aurea Vallis)".

La tradition rapporte qu'elle donna une fore somme aux moines installés depuis peu par le comte de Chiny pour qu'ils édifient une grande église.

Wencelas (1337-1383) :
Le fils de Jean l'Aveugle a été le premier duc de Luxembourg entre 1354 et 1383.

Les caves :
Les caves du XVIIIème siècle ont servi de fondation du nouveau monastère. Elles serviront d'oratoire jusqu'en 1939.

Le chêne pédonculé aurait été planté en 1793, peu avant l'arivée des révolutionnaires français. Sa circonférence dépasse 4,30 mètres.

L'officine d'Orval ne semble avoir existé qu'à partir du XVIIIème siècle. Elle jouxtait l'infirmerie.


L'apothicairerie et le quartier des hôtes

Tenue par le frère pharmacien, assisté de deux apothicaires, la pharmacie servait à la préparation de toutes sortes de remèdes composés proncipalement de substance d'origine végétale. Le pharmacien faisait appel à des cueilleurs pour les racines, herbes, fleurs et fruits servant à ses mixtures. Conservé par les gens des environs, il lui arrivait souvent d'exercer lui-même la médecine de manière empirique.

La pharmacie fabriquait aussi des remèdes qu'elle vendait ou distribuait aux pauvres du voisinage comme :
- l'eau impériale : distillation de bois exotiques et de semneces aromatiques, recommandée pour les maux les plus variés : empoisonnement, rage, accouchement, apoplexie, contagion, coups d'épée, petite vérole, ...
- l'eau d'Arquebusade : mélange de vingt espèces de plantes macérées dans du vin blanc et distrillées, recommandée pour les blessures et les coups
- l'eau d'Orval, dont la recette est perdue.

Le musée de la pharmacie des moines et précédé d'un jardin de plantes médicinales.


Le jardin des plantes médicinales

Balance de l'ancienne pharmacie d'Orval :
Trois colonnettes soutiennent un gracieux support à coubres et contre-courbes auquel sont suspendus plusieurs trébuchets. au centre, un socle en forme de sphère porte une statuette en bois polychromé de Saint Michel ailé, casqué, cuirassé et botté. sous celui-ci, un dragon soulève sa tête dans un dernier soubresaut. Le socle élégamment galbé est mundi de tiroirs pour le rangement des poids.

Le nouveau monastère :
La résurrection du monastère a été entreprise en 1926 par les moines cisterciens de l'abbaye de Sept-Fons, dans le Bourbonnais.

La première aile était achevée dès 1928 et abritera la vie monastique pendant plus de dix ans. La première pierre de l'église abbatiale était posée le 19 août 1929. L'édifice sera achevé à la veille de la deuxième guerre mondiale.

Le monastère, achevé en 1948, a été construit à l'emplacement des bâtiments du XVIIIème siècle. Sobre et élégant, dans une pierre chaude et dorée, il reproduit le plan traditionnel cistercien.

Devant la cour des retraitants se dresse la façade de la nouvelle église abbatiale, d'une grande pureté de lignes, où s'inscrit une monumentale vierge à l'enfant.


Publication 17-oct-2010

J'ai découvert récemment une BD en 2 tomes du scénariste-dessinateur Jean-Claude Servais : "Orval".

Très bien dessinée, la BD retrace l'histoire de l'abbaye d'Orval avec son passage mythique de l'anneau, sa grandeur et sa décadence. Bien que romancée, les grandes dates de l'histoire de l'abbaye sont racontées et cela fera, pour les curieux, un excellent complément à la visite.

A noter, l'existence d'une édition spéciale du deuxième tome qui en quelques pages à la fin de la BD, raconte l'histoire de l'abbaye en détail par Marc Heyde.

Le val d'or, c'est ce lieu merveilleux de beauté et de richesses natuirelles que des moins bénédictins découvrent en l'an 1070, au cours de leur périple à la recherche de l'endroit propice à l'édification de leur abbaye. Observants de la règle de Saint-Benoît, ils vivent dans la simplicité et le silence, loin de la cupidité et de la violence du monde. Celles-ci franchiront pourtant le clos de l'abbaye, apportant avec elles elles leur lot de souffrance et de désolation ..."

En choississant de nous raconter l'histoire de l'abbaye d'Orval, à travers quelques épisodes emblématiques, Jean-Claude Servais fait oeuvre d'historien et de moraliste en brossant, de son trait ample et sûr, le portrait d'un ordre religieux animé d'un idéal de purté, rattrapé par les turpitudes de ce monde. Des dates-clés rythjment le récit de Jean-Claude Servais : la fondation de l'ordre en l'an 500 en Italie, l'arrivée des moines en Lorraine, dans la vallée d'Orval, en l'an 1070, l'édification fastueuse dans les années 1780 d'une nouvelle abbaye, sa destruction au moment de la Révolution ... jusqu'à sa renaissance, en 1926. LA destinée des personnages qu'il met en scène au tournant de la Révolution française, se trouve étroitement liée à l'abbaye, qui sera le théatre de leur perte ou au contraire le refuge de leur fidélité, sous le regarde énigmatique et lointain des loups d'Orval, tout à la fois sentinelles des passions humaines et incarnations de la nature sauvage des lieux. Le dessin de Jean-Claude Servais, d'un romantisme foisonnant, donne vie aux sous-bois qu'il aime à évoquer, dans la luxuriance contraste avec l'élégant classicisme de l'abbaye. Un mélande de réalisme et de merveilleux font de ce récit une fresque d'une beauté saisissante.
(texte : relations médias Dupuis)