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Saint Jean d'Angely

SITUATION GEOGRAPHIQUE
Pays : France
Département : Charente-Maritime
Commune : Saint Jean d'Angely

©La Charente-Maritime, éditions Ouest-France
Si nous ne savons que peu de chose du site gallo-romain d'Angeriacum, implant√© sur les rives de la Boutonne, l'histoire de Saint-Jean-d'Ang√©ly conna√ģt un tournant d√©cisif avec l'arriv√©e, selon la tradition, d'une relique insigne, rapport√© d'Orient et pour laquelle P√©pin, petit-fils de Charlemagne, aurait cr√©√© l√† un monast√®re au IXe si√®cle. Cette relique n'√©tait autre que le chef de saint Jean-Baptiste, qui devait permettre √† l'abbaye de devenir un centre de p√®lerinage de premier ordre. Relev√©e apr√®s les ravages des Vikings en 861, confi√© aux clunisiens au XIe si√®cle, le monast√®re le plus puissant de Saintonge et son √©glise furent reconstruits plusieurs fois au cours du Moyen Age.

La cit√© qui se d√©veloppa autour de l'abbaye devint suffisamment importante pour obtenir une Charte de Commune en 1204. Philippe Auguste installa en outre √† Saint-Jean la S√©n√©chauss√©e de Saintonge, confirm√©e par Louis IX. Puis vinrent les guerres anglaises. Jusqu'√† la reconqu√™te d√©finitive de la ville par Du Guesclin en 1372, Saint-Jean ne cessa d'√™tre prise et reprise par les uns et les autres, avec quelques rares p√©riodes d'accalmie et de prosp√©rit√©. L'abbaye et son √©glise furent notamment d√©truites par les Anglais du comte de Derby en 1343. Apr√®s ce long conflit, le r√©pit du XVe si√®cle, de courte dur√©e, fut particuli√®rement brillant, la ville √©tait fi√®re de son √©glise abbatiale gothique aux dimensions impressionnantes. Mais bient√īt, le succ√®s de la religion r√©form√©e allait pr√©cipiter la cit√© dans les guerres de Religion qui virent se succ√©der si√®ges, pillages, famines et √©pid√©mies.

En 1568, l'abbaye et son √©glise furent totalement d√©truites par les protestants. Le dernier si√®ge, men√© en 1621 par Louis XIII, faillit √™tre fatal √† la ville, qui vit son rempart d√©mantel√© et ses privil√®ges confisqu√©s. Au cours du XVIIe si√®cle, on reb√Ętit les b√Ętiments de l'abbaye tandis que la nouvelle √©glise ne fut jamais achev√©e, signe du d√©clin de la vieille cit√©. Depuis lors, Saint Jean resta √† l'√©cart de l'Histoire, ce qui ne l'emp√™cha pas de donner encore quelques personnages c√©l√®bres dont le comte R√©gnaud, un des r√©dacteurs du code civil, et Louis Audouin-Dubreuil, membre des exp√©ditions Citro√©n dans le Sahara.

Le tracé des rues de Saint Jean évoque encore la présence de son ancien rempart.

L'unique vestige fortifi√© qui symbolise encore cette puissance municipale est la tour de l'Horloge, construite √† cheval sur la rue de la Grosse-Horloge. Il s'agit d'une ancienne porte de ville r√©√©difi√©e au d√©but du XVe si√®cle pour devenir le beffroi des bourgeois de Saint Jean, √† la fois signe des pr√©rogatives municipales, tour de guet et clocher. Elle est surmont√©e de puissants m√Ęchicoulis, caract√©ristiques de son temps.

Si l'on arrive par le square de la Libération, on aura vu, avant de déboucher sur la tour, des petites maisons à pans de bois du XVe siècle à l'angle de la rue du Jeu-de-Paume, prémices de celles que l'on rencontrera au cour du bourg.

En effet, nombreuses sont les façades de ce type sur la rue de la Grosse-Horloge et des ruelles avoisinantes, que de récentes restaurations ont mises en valeur.


Maisons à pan de bois, rue de la Grosse Horloge

A gauche, apr√®s √™tre pass√© sous la tour, on rencontre les vestiges de l'ancien h√ītel de l'√Čchevinage ; il s'agit d'une fa√ßade gothique tr√®s endommag√©e ouverte par deux baies qui encadrent une porte flamboyante √† tympan dat√©e de 1392. Un cerf presque effac√© ornait le tympan.


Vestiges de l'échevinage


Porte de l'échevinage

La rue de la Grosse-Horloge aboutit √† la place du Pilori, o√Ļ l'instrument de justice a √©t√© remplac√© par un bel √©dicule Renaissance dat√© de 1546 qui provient du puits du ch√Ęteau de Brizambourg, √† quelques kilom√®tres de la ville. On l'appelle aujourd'hui la fontaine du Pilori.


Fontaine du Pilori


Puits de la Fontaine du Pilori

Quand Philippe-Auguste offre en 1204 les libertés communales à St-Jean d'Angély, la charte qu'il octroie est accompagnée de règles, dont deux citent le pilori : "Si quelqu'un est mis au pilori [..], celui qui l'insultera paiera vingt sols, dont cinq seront donnés à celui qui est au pilori..."

On a dit de ce puits qu'il était un des plus beaux de France. La fontaine du pilori est une margelle élégante, un bijou de la Renaissance.

Au-dessous de sa coupole, tout autour de la frise, de grandes lettres gothiques fleuries sont sculptées : "IE FVS EDIFIEZ ET ASSIZ LAN MVCXLVI".

L'ensemble est décoré avec soin, en référence à des motifs antiques comme la Renaissance aimait à le faire.

[...] A quelques pas de là, on ne tarde pas à découvrir ce qui fut le monument le plus important de la ville : l'ancienne abbaye Saint-Jean-Baptiste.


Les b√Ętiments conventuels

Cet ensemble monumental est aujourd'hui un véritable patchwork architectural à la suite des nombreuses destructions et reconstructions qu'il a eu à subir depuis le Moyen Age.


Les b√Ętiments conventuels

De l'√©glise. reconstruite aux XIIIe et XIVe si√®cles,et qui fut un des plus grands √©difices gothiques de l'Ouest, il ne reste que deux cul√©es d'arcs-boutants et le chevet plat √† trois baies au niveau bas. Ces rares vestiges, inclus dans l'√©glise reconstruite √† la place des ruines du choeur et d'une partie de la nef, nous laissent imaginer l'ampleur du b√Ętiment disparu.

Les tours, qui s'élèvent en avant de l'église témoignent, quant à elles, d'une tentative avortée de reconstruction au XVIIIe siècle.

Cette façade classique fut en effet commencée en 1741 et resta sans suite du fait de la Révolution, qui mit fin à toute volonté de restauration de la splendeur monastique.

Cette carcasse inachevée se repère cependant de fort loin et demeure un des éléments phares du paysage urbain de Saint Jean, tant par son profil que par sa qualité architecturale.

Les b√Ętiments conventuels, auxquels on acc√®de par un beau portail du XVIe si√®cle, ont servi de prison, de caserne, puis plus r√©cemment de coll√®ge.


Le portail du XVème siècle

En 1610, les moines d√©cid√®rent de b√Ętir l'√©glise provisoire Saint-Jean-Baptiste. Celle-ci fut restaur√©e en 1899 et c'est elle qui est encore l'√©glise paroissiale aujourd'hui.


Eglise Saint Jean-Baptiste

A c√īt√© du centre, on trouve √©galement le march√© couvert construit en 1853. Il s'agit de l'ancien march√© aux herbes.


Les Halles

 


 

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