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Paris - Les eaux de source

Selon un adage populaire "Paris est née et s'est développée grâce à l'eau". C'est ainsi que l'eau est devenu le blason et la devise de Paris : "fluctuat nex mergitus" ("Il flotte mais ne sombre pas", symbole de la corporation des Marchands de l'eau gérants de la municipalité au Moyen-Age).

Quand vous vous promenez dans Paris, vous découvrirez un ensemble de fontaines, plus d'une centaine (environ 182 aux dernières nouvelles).

Ne vous y trompez pas, vous avez peu de chance d'y trouver de l'eau de source, la quasi-totalité étant alimentée par de l'eau retraitée.

En effet, il n'existe que trois fontaines alimentées en eau de source :
- dans le 13e arrondissement, place Paul Verlaine, qui alimentait anciennement la piscine de la Butte aux Cailles
- dans le 16e arrondissement, square Lamartine
- dans le 18e arrondissement, square de la Madone, qui alimentait la piscine Hebert

==> L'eau ne coule plus de source à Paris : un reportage très intéressant sur les trois sources parisienne en 1968.


Fontaine de la place Paul verlaine

Les eaux de source de Paris ont la réputation d'être bien protégées. Habitude venue des premiers habitats cherchant à protéger ce qui représente la vie, la protection de ces eaux s'accroit encore au XIXème siècle, après l'épidémie de Cholera de 1832.

==> Histoire de l'eau de Paris

Les premiers puits artesiens parisiens
Puits artésien
Un puits artésien est un puits où l'eau jaillit spontanément. Les puits forés ne sont pas tous des puits artésiens, mais l'usage courant désigne ainsi tous les puits qui tirent leur eau des profondeurs du sol.

Le "vrai" puits artésien est obtenu en perforant une couche de sol ou de roc imperméable pour accéder à une nappe d'eau sous pression : la nappe artésienne.

Le puits artésien est habituellement fiable et stable toute l'année pour ce qui est de la quantité d'eau. L'eau souterraine représente une réserve d'eau beaucoup plus abondante que l'eau de surface.

C'est à cette époque que l'on commencera à forer les puits artésiens dont ces trois fontaines sont issues.

Le premier puits artésien fut foré par l'ingénieur Georges Mulot, il s'agissait du puits artésien de Grenelle, d'une profondeur de 548 mètres dont le forage s'étala du 29 novembre 1833 au 26 février 1841. Le débit de ce puits s'étant réduit, la fontaine, installée en 1904 sur ce puits, n'est actuellement plus alimentée en eau.

Le second puits, le puits artesien de Passy, fut réalisé sous les ordres Hausmann de 1854 à 1861 et descend à 587 mètres de profondeur. Une fontaine fut installée sur ce puits en 1957 dans le but de mettre les eaux à la disposition du public. Cette fontaine est actuellement visible au Square Lamartine dans le XVIème arrondissement de Paris.

Le forage du troisième puits artesien, le puits de la place Hebert commença en 1863, mais ne fut achevé qu'en 1891 à une profondeur de 718m. Il s'agissait du puits du XVIIIème arrondissement. Sa température atteignant 30°C, elle servit à alimenter la piscine Hebert qui ouvrit ses portes en 1893. Une fontaine a été aménagée square de la Madone pour restituer l'eau au public.

Un quatrième forage débuta en 1863, mais des problèmes administratifs interrompirent les travaux de nombreuses années. Le puits artesien de la Butte-aux-Cailles ne verra donc l'eau jaillir qu'en 1904 après avoir creusé à une profondeur de 582m. Situé dans le XIIIème arondissement de Paris, avec eau sortant à 28°C, le puits servit à alimenter la piscine de la Butte-aux-Cailles ouverte en 1924. Depuis 1999 une fontaine publique a été installée en surface place Paul Verlaine.

Place Paul Verlaine

La fontaine de la place Paul Verlaine ne date donc que 1999.

Depuis les habitants ont pris l'habitude de venir s'approvisionner en eau.

L’eau y est bonne, mais si vous l'aimez l'eau fraîche, il faudra toutefois vous trouver des glaçons ou un réfrigérateur.

C’est une une eau pure et ferrugineuse vieille de 25 000 ans issue de la nappe fossile de l’Albien.

Cette eau est réputée pour être de très bonne qualité.

==> Vivre d'amour et ... d'eau fraîche


Un mur face à la place Paul Verlaine

Histoire de Paris, le puits artésien
Afin d'alimenter les maisons de la butte (situées à une altitude de 62 mètres), mais aussi pour augmenter le débit de la Bièvre, le forage d'un puits de grande profondeur est décidé en 1863. En 1872, l'entreprise est abandonnée à 532 mètres. Après plus de vingt ans, le chantier est repris : l'eau jaillit enfin, à 582 mètres, légérement sulfureuse et tiède (28°), très abondante, près de 6000 m³ par jour en 1903. Entre-temps, les travaux ont perdu leur utilité : en effet, la Bièvre s'est trouvée peu à peu recouverte par les habitations le plus souvent dotées de l'eau courante. Vingt ans passent à nouveau, jusqu'à la construction de cette piscine [la piscine de la butte-aux-cailles] alimentée par le puits artésien en 1924.


La piscine de la Butte-aux-Cailles


Carte ancienne - Etablissement de bains de la Butte-aux-Cailles


Piscine à vide, intérieur de l'établissement de bains de la Butte-aux-Cailles
(© Le Génie Civil, juillet 1924)


Piscine en eau, intérieur de l'établissement de bains de la Butte-aux-Cailles
(© Le Génie Civil, juillet 1924)

La nappe fossile de l'Albien, un réservoir naturel d'eau potable

La nappe albienne est une nappe souterraine profonde, se trouvant dans des aquifères du Crétacé inférieur et qui s’étend sous l’ensemble du bassin parisien à plus de 500 mètres de profondeur ; son volume est estimé à plus de 700 milliards de mètres cubes.

L’exploitation et l'utilisation de cette nappe est sévèrement contrôlée. En effet, sa profondeur et l’âge de l’eau qu’elle contient en font un aquifère non polluable à l’échelle humaine, qui doit être protégé.

Son eau, âgée de plusieurs dizaines de milliers d'années est pure et cristalline.


Aquifères de l'Albien et du Néocomien du Bassin de Paris, source BRGM

Les eaux de surface s'infiltrent dans la couche des sables verts de l'Albien au fil des millénaires. Le "mur" imperméable des argiles noires bloque la remontée de l'eau et rend la nappe captive à près de 600 mètres sous terre, à une pression de 60 bars (soit 20 fois plus que la pression de l'eau qui arrive aux robinets parisiens).

Square Lamartine

==> Puits artesien du square Lamartine

Le square Lamartine occupe l'ancienne place Victor Hugo (arrêté du 6 mai 1881), qui deviendra la rue Neuve du Puits Artésien en 1885, lors de l'attribution de l'actuelle place à l'écrivain.

Le square Lamartine abrite le second puits artésien foré à Paris. Ce fut l'entrepreneur saxon Kind qui réalisa la forage. La nappe aquifère de l'Albien fut enfin atteinte à 586 m, en 1861. Le débit se stabilisa à environ 5 000 mètres cubes par jour, et l'eau servit essentiellement à alimenter les rivières et les lacs du bois de Boulogne nouvellement aménagé.

La fontaine du square Lamartine se trouve à l'une des extrémités du parc. Il se trouve à l'emplacement du puits artésien de Passy qui fut finir de forer en 1861. La fontaine y a été apposée en 1994. Trois robinets y sont apposés.

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