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Bourg-Saint-Andéol, Source de la Tourne, Dieu Mythra

SITUATION GEOGRAPHIQUE
Pays : France
Département : Ardèche
Commune : Bourg-Saint-Andéol

Le lieu où je vais découvrir ces deux fontaines vauclusiennes est un lieu apparement connu pour les plongées spéléologiques (très jolis albums photos sur le lien).

Classé site pittoresque, le Vallon de Tourne avec ses deux goul résurgences de type vauclusienne est connu mondialement pour la pratique de la spéléologie souterraine. D'une beauté champêtre, cet écrinnaturel renferme un beau lavoir du 19eme d'inspiration antique et l'un des très rare bas relief antique dédié au culte de Mithra. A visiter absolument !

Le site est bien aménagé et très joli mais n'est pas du tout prévu pour le stationnement. Comme je ne vais pas m'attarder (de la route m'attend), j'opte pour le stationnment juste sous un beau panneau qui doit vouloir dire "stationnement interdit" [...] {je trouve que certaines communes ne facilitent pas le tourisme}.

La première chose que l'on découvre sur le site est cet imposant lavoir. Il date du XIXème siècle, d'inspiration antique pour rappeler certains temples grecs, probablement pour rendre hommage au bas-relief antique que l'on peut trouver un peu plus loin.

Ce qui surprend sur ce lavoir est également l'imposante boule à sa sortie vers le goul.

Sur un petit panneau à l'intérieur du lavoir, on peut voir le niveau atteint par une crue en septembre 2002. Impressionnant.

Une fois passée le lavoir, il convient de se diriger vers la petite cascade à proximité. Il s'agit de l'une des deux fontaines vauclusiennes du vallon de Tourne. Soit le grand goul, soit le petit goul. Il n'y a pas d'indications sur le site permettant de distinguer l'un ou l'autre.

Il s'agit en fait du petit goul ou goul de la tannerie. Internet m'indiquera en effet que le grand goul est situé au pied du viaduc.


Le petit goul

Le grand goul

Il s'agit de deux fontaines ou résurgences vauclusiennes adossées aux falaises de calcaire.

Une résurgence vauclusienne est une résurgence dont la venue au jour de l'eau se fait par une galerie pratiquement verticale.

Le cas le plus connu de résurgence vauclusienne est la Fontaine-de-Vaucluse que j'ai déjà eu l'occasion de voir il y a quelques années.

« On trouve à deux cents pas ... de la ville, la fontaine de Tourne qui sourd dans un vallon dont le côté est a été formé en amphithéâtre...Aux deux cotés (du) bas relief sont placés deux bassins ; l’un…est formé en demi-cercle. …Le second bassin…(a) une partie couverte par une arcade naturelle, formée par le rocher qui le domine…. » Etienne Madier, « Mémoire sur la topographie médicale de Bourg Saint Andéol », 1780 .

Ces sources donnent naissance au ruisseau de Tourne qui se jette dans le Rhône. On attribue à ces deux sources plusieurs vertus.

A la suite des plongées réalisées en 1982 l’équipe du spéléonaute Bertrand Léger a pu dresser la topographie détaillée du goul de la Tannerie ou « petit goul ». D’apparence simple ces 2 sources cachent un grand labyrinthe de galeries descendant très profondément et dont on ne connaît pas la fin. Ces deux résurgences sont très appréciées des plongeurs qui continuent de dresser la topographie de ces gouls et battent des records de plongée (209 mètres, record européen) mais cela reste très périlleux. L’exploitation du forage de Gérige dans la galerie menant au goul de la Tannerie à moins 160 mètres de la surface alimente en eau une part importante des foyers du canton.

Entre ces deux gouls se situent le bas-relief romain du Dieu Mithra, daté du IIIème siècle. Il est sculpté dans le rocher du vallon de Tourne, et est donc l'un des rares bas-reliefs a toujours être présenté à son emplacement initial. On distingue d'ailleurs toujours le fronton sur lequel s’appuyait la construction (Mithreum).

A l'époque romaine, ce bas-relief constituait le fond du temple du Dieu Mithra sculpté à même le rocher, entre les deux sources, au coeur du vallon de Tourne.

On voit le jeune Dieu enfonçant le poignard dans le cou du taureau. Par ce sacrifice, il assure le salut du monde menacé par les forces du mal représentées ici, par le serpent et le scorpion. De l'animal jaillit une vie nouvelle, illustrée par l'épi de blé que l'on distingue à l'extrémité de la queue du taureau. Le soleil et la lune à l'extérieur de la scène donnent une dimension cosmique au sacrifice.

Comme vous pouvez le voir ci-dessous, il faut vraiment prendre le temps pour discerner avec précision le Dieu et le taureau.

Le bas-relief est un panneau rectangulaire de 1,30m (longueur) sur 1,15m (hauteau).

Le bas-relief aurait dû être détruit au moment de la construction du chemin de fer en 1880 mais un bourguésan, l’Abbé Paradis, s’y opposa fermement et obtint de le protéger ce qui nous permet ainsi de toujours découvrir ce monument antique.

Culte au Dieu Mithra
D’origine indo-iranienne le culte de Mithra, réservé aux hommes, est amené par les romains combattant à la fois les divinités gauloises, les druides et les chrétiens.

« Dieu des religions à mystère, ou de salut, distributeur de l’énergie vitale, souverain des armées, nommé le Dieu ou le Soleil invaincu.

Assimilé au dieu du Temps infini, il se trouve à l’origine de l’univers des vivants et le dirige. Il est représenté sous la forme d’un héros égorgeant un taureau, le premier vivant, dont le sang répandu donnera naissance aux végétaux et aux animaux ; ou sous la forme d’un être humain à tête de lion, dont le corps est entouré d’un serpent, figurant le cours sinueux du Soleil et du Temps…

Son culte a rivalisé avec celui du christianisme à ses débuts. Il fut introduit de la Perse à Rome, en Gaule, dans tout le bassin méditerranéen par les légions et leurs escortes de devins, à la fin de la République et aux premiers siècles de l’Empire… »
©Dictionnaire des symboles

Ce culte atteint son apogée durant les IIIème et IVème siècles, époque pendant laquelle il se transforme en culte du soleil et devient un concurrent important du christianisme.

Comme toutes les religions païennes, le culte de Mithra est déclaré illégal en 391.

En bas de la représentation se trouve un cartouche avec inscription latine qui a donné lieu à diverses traductions.

L'inscription est aujourd'hui compléteemnt effacée, il est même quasi impossible de retrouver l'emplacement du cartouche si ce n'est à l'aide du croquis ci-dessus !

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