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Abbaye et cloître de la Chaise-Dieu

SITUATION GEOGRAPHIQUE
Pays : France
Département : Haute-Loire
Commune : La Chaise-dieu

Cette abbaye bénédictine est probablement une des abbayes les plus connues d'Auvergne. Il s'agit de l'abbatiale Saint Robert de la Chaise-dieu.

L'abbaye fut fondée en 1043 par Robert de Turlande.

Ce dernier était venu dans la région avec deux compagnons pour y mener une vie d'ermite. Il fut rapidement rejoint par de nombteuses compagnons et fonda l'abbaye qu'il appela Casa Dei, qui deviendra la Chaize-dieu.

En 1067, à la mort du fondateur qui sera canonisé pour ses nombreuses actions dans la région, l'abbaye est, en Auvergne, l'égale de Cluny, bénéficiant de donations importantes des grandes familles de la région.

L'architecture gothique qui habille cette abbaye date du XIVème siècle, époque à laquelle Pierre Rogier, ancien moine de la Chaise-Dieu, devient pape en Avignon sous le nom de Clément VI. C'est lui qui finance la construction de la nouvelle abbatiale dans laquelle il se fera inhumer.

Son gisant trône au milieu de l'église.


Gisant du pape Clément VI

L'abbatiale est achevée en 1378.

"La construction de l'abbatiale fut réalisée en 8 ans. Le projet du pape devait satisfaire trois exigences : son mausolée devait être au milieu du choeur, la vie monastique devait être isolée des visites des pélerins au tombeau de saint Robert par un jubé, et l'ensemble devait être grandiose et austère.

Le granit de la Chaise-Dieu, difficile à sculpter, contribue à cette austérité.

La forte déclivité du site a constitué un véritable défit. L'usage de contreforts, et non d'arcs-boutants, donne un caractère de forteresse. L'église est grande, mesurant à l'intérieur 75,6 m de long, 24,2 m de large et 18,65 m de haut.


© Livret Amis de l'abbatiale Saint-Robert
www.abbaye-chaise-dieu.com

En entrant dans l'abbaye, on tombe nez à nez avec le jubé isolant le le choeur monastique de la nef. Il s'agissait à l'époque de partager le choeur en deux parties, l'une réservée aux moines et l'autre au peuple.


Le jubé

En vous approchant du jubé, puis en vous retournant vous ne pourrez pas manquer l'orgue impressionnant qui vous surplombe.


L'orgue

À l'intérieur de l'édifice, deux curiosités en particulier : une danse macabre et un ensemble de tapisseries des tapisseries sur la vie du Christ.


Les stalles et les tapisseries

Il y a 144 stalles. Au centre, le gisant de Clement VI en marbre blanc avec son mausolée en marbre noir.

Les tentures qui dominent les stalles sont les tapisseries commandées par l'abbé Jacques de Saint-Nectaire. Elles sont tissées de fil de laine, de lin, de soie, d'or et d'argent.

Elles ont pour principale source d'inspiration la "Bible des Pauvres", ouvrage illustré fort répandu au Moyen-Age. C'est l'histoire du Salut qui est représentée, de la promesse du sauveur au Jugement Dernier.

Lors de ma visite, deux tentures étaient en restauration.

Dans l'ordre, nous devrions trouver :
1. L'annonciation, la nativité et l'épiphanie
2. La fuite en Egypte, les Saints innocents, le baptême
3. La tentation, la résurrection de Lazare, les Rameaux
4. La trahison de Judas, la Cène, le baiser de Judas
5. La flaggelation, le courronnement d'épines
6. La condamnation, le portement de Croix
7. La mise au tombeau, la résurrection
8. L'apparition à Marie-Madeleine
9. L'apparition à Saint Thomas, l'ascension, la pentecôte
10. Couronnement de la vierge, le jugement dernier


Une des tentures


Une autre tapisserie

Vous pourrez également visiter la salle du trésor dans l'ancienne bibliothèque de l'abbatiale.


La salle du trésor, avec au fond l'une des tentures.


La 7ème tenture, la crucifixion


Sanctuaire et maître-autel

Derrière les stalles, sur l'un des côtés de l'abbaye, se trouve un ensemble de fresques représentant une danse macabre. Cette fresque fut réalisée vers 1450.


Fresque "la danse macabre"

Charme pour l'oeil contemporain, cette fresque demeure à l'état d'esquisse; seuls les premiers personnages ont leurs vêtements peints, le dialogue traditionnel entre la mort et le vif n'a pas été écrit sous les dessins.

Selon les indications vestimentaires, on peut dater cette fresque de la moitié du XVème siècle. Cette époque connait un retour à la paix (fin de la guerre de Cent-Ans), mais la peste continue de frapper et les sensibilités sont exacerbées par des décennies de calamités.

Ce sermon figuré met en scène l'attachement des hommes à cette terre et peint sans complaisance les vanités humaines.

Des personnages, peints à sec sur les piliers, aujourd'hui très effacés, on devine Adam et Eve et le rappel du pêché éternel qui précède la danse, et un moine qui lit un texte qui la clôt. Peut-être ce texte rappelle-t-il que le Christ est venu sauver tous les hommes ?

Le mouvement d'ensemble évoque bien une danse et l'expression de chaque personnage dit l'effroi et la tristesse.


Le pape, l'empereur, le cardinal et le roi


Le ménestrel, le clerc théologien et le laboureur

Juste à côté de l'abbaye, l'ancien cloître donnant notamment sur la chapelle des pénitents et l'église actuelle de la ville. Une partie du cloître était en restauration ce qui rend assez difficile l'appréciation des lieux. Quelques photos souvenirs.

 


 

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