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Ouvrage du Four-à-Chaux

SITUATION GEOGRAPHIQUE
Pays : France
Département : Bas-Rhin
Commune : Lembach

Une belle visite que ce fort. Ce qui reste impressionnant avec cet ouvrage, c'est la différence entre la taille que l'on s'imagine de l'extérieur où l'on peine à voir les 10 mètres de façade, et les innombrables couloirs sous terre. Source des textes explicatifs : wiki.

L'ouvrage du Four-à-Chaux est un ouvrage fortifié de la ligne Maginot. Il couvre une superficie totale de 26 hectares.

Outre la défense de la frontière, son rôle consistait à protéger les puits de pétrole alsaciens de Merkwiller-Pechelbronn, situés à 8 km au sud du fort.


Une des entrées (celle où on prend les tickets et le guide !)

Le nom de Four-à-Chaux provient du fait qu'à 500 mètres de l'ouvrage se situait jusqu'en 1939 une installation d'extraction de roche calcaire, qui était brûlée par un four à chaux.


Une petite entrée de l'ouvrage


Après la première entrée, une fermeture "fortifiée". Quelqu'un a oublié sa clé ?

Il s'agit d'un important ouvrage fortifié d'artillerie comportant huits blocs : 3 blocs d'artillerie, 1 bloc d'infanterie, deux casemates, l'entrée des hommes et l'entrée des munitions.


Plan des différents blocs

La visite nous promène dans les couloirs du bloc 2, dans les casernements avec cuisine, dortoirs, douches, etc .., la galerie principale, le plan incliné et l'usine électrique.


Une des galeries vers l'entrée, et la morgue


Une des galeries d'évacuation

Cette galerie d'évacuation n'a pas servi. Dès que la galerie est utilisée le système devient inutilisable. Ci-dessous un plan expliquant le fonctionnement de ce système d'évacuation.


Schéma du système d'évacuation

Lors de l'évacuation, les hommes se positionnaient dans une sorte de silo. Il leur fallit alors grimper pour aller activer le système de charge. Une partir du couloir horizontale était remplie de sable, une fois la trappe activée, le sable descendait au fond du puits ce qui permettait aux hommes de sortir. La technique empêchait l'utilisation de ces galeries d'évacuation par l'envahisseur pour pénétrer dans le fort.


Le système d'évacuation était isolé du reste de l'ouvrage par une porte fortifiée

L'ouvrage se compose de plusieurs salles avec chacune une utilité particulière.


Filtres collectifs

Il s'agit ici de la salle de neutralisation (plus communément appelée salle des filtres). Depuis la première guerre mondiale, on craignait l'utilisation de gaz de combats. Afin de combattre cette menace, on a joint à chaque ouvrage une salle dite de neutralisation. En cas d'attaque chimique l'air extérieur passait à travers de gros filtres afin d'enlever toute trace d'agents chimiques. En temps normal, l'air n'était pas filtré.


Le système de filtres : rouge ou jaune

Les tuyaux étaient marqués de deux couleurs : rouge ou jaune selon qu'il s'agissait de l'air pollué ou de l'air filtré.


Filtres à air


Le système d'aération

Au total, c'est 4,5 km de galeries.


Les longs couloirs

Un des emplacements importants de l'ouvrage pour les hommes étaient la cuisine.


Horaire et rôle des plats


Distribution des plats


Les marmites


Four et marmites


Le cellier


La plonge

Après manger, le repos. Le fort hébergeait un régiment de 580 hommes (477 hommes de troupes, 78 sous-officiers, 24 officiers et le commandant) avec un roulement toutes les deux semaines.


Des dortoirs

Si l'on aime bien fréquenter la cuisine et les dortoirs, il est par contre un lieu qu'on préferait inviter : l'infirmerie et la salle de chirurgie.


L'infirmerie


Toilettes de l'infirmerie


Salle de chirurgie


Dentiste


Les douches


Les urinoirs

Encore quelques couloirs avec leurs systèmes de rails.

Une autre partie importante de l'ouvrage, le commandement.


Le bureau du commandant


Le bureau du commandant


Le système de communication

Juste à côté du bureau du commandant se trouve la salle centrale d'observation.


La salle centrale d'observation


Quelques éléments d'un poste d'observation


(C) A. Weisbecker, 1985

Il s'agit des systèmes à cloche.


Le fonctionnement d'une cloche


Encore des couloirs

Le bloc 2 était un bloc d'artillerie, et était notamment équipé d'une tourelle de 75 mm. Il s'agissait de tourelle à éclipse, installée en saillie dans une dalle de béton et armé de deux canons raccourcis de 75 mm (dit "75R" modèle 1932).


Le modèle de la tourelle

Le rôle d'une tourelle de ce type était d'assurer la continuité des tirs d'artillerie le long de la ligne, en soutien des tirs de mitrailleuses des casemates et blocs d'infanterie.

D'extérieur, nous ne voyons que la partie émergée de l'iceberg, juste le chapeau !

A l'intérieur, c'est par contre tout le mécanisme pour actionner cette tourelle qui se découvre à nous.

Ci-dessous, une animation provenant de wikipedia montrant le système de fonctionneemnt de cette tourelle.

Dans ce fort, nous ne visitons pas les extérieurs mais une caméra montre le haut de la tourelle, et la tourelle ayant été entretenue, nous avons le droit à une démonstration (vue de l'intérieur donc).

Pour se rendre au niveau où se situe le mécanisme, il y a un ascenseur ...


L'ascenceur de la tourelle


L'ascenceur, vue sur le mécanisme

Prenons plutôt les escaliers :-)

Le mécanisme de la tourelle est sur deux niveaux. Premier niveau, le bras mécanique. Deuxième niveau, armement et tir.

Une tourelle de ce type nécessite une équipe de vingt-cinq hommes pour son service complet en situation de combat : six sous-officiers et dix-neuf servants (l'équipe de combat est composée de l'équipe de veille et de l'équipe de piquet). En situation de veille, l'équipe réduite compte deux sous-officiers et dix servants (l'équipe de veille ne peut fournir qu'un tir à cadence lente).


Les piliers de la tourelle


Mode batterie ou mode eclipse


Mode batterie ou mode eclipse


Un instrument


Le bras mécanique


Détail du bras mécanique


vue de l'étage intermédiaire


Deuxième étage, vue du dessous de la tourelle


Deuxième étage, vue du dessous de la tourelle

L'équipe de combat se répartit à raison d'un sous-officier (brigadier tireur) et trois servants (un tireur et deux chargeurs) dans la chambre de tir, quatre sous-officiers (un adjudant chef de tourelle, un maréchal des logis chef de pièces, un brigadier pointeur et un brigadier artificier) et quatorze servants (un aide-pointeur, deux déboucheurs pour les tirs fusants, cinq pourvoyeurs transportant les munitions vers les norias, deux approvisionneurs chargeant les norias et quatre auxiliaires manœuvrant les châssis de munitions depuis le M 3) à l'étage intermédiaire, un sous-officier (brigadier) et deux servants (le premier s'occupe de la marche à bras du mouvement d'éclipse, le second des appareils électriques) à l'étage inférieur.


Mécanisme de secours, manuel


Le moteur électrique


le deuxième étage


Alerte, éclipsez, tir, halte au feu !


Quelques instruments


La réserve de douilles


Entrée des douilles

Après le tir, les douilles étaient récupérées dans un conduit pour être recyclées.

L'évacuation des douilles se fait par un entonnoir les évacuant à l'étage intermédiaire où elles passent dans un toboggan qui les descend au pied du bloc (généralement à 30 m sous terre).


La descente de la douille


Le puits de douilles

A cet endroit, les douilles refroidissaient avant d'être récupérées.

L'évacuation des gaz dégagés par les armes se fait par refoulement à l'extérieur, les blocs étant en légère surpression


La sortie des douilles

A proximité du plan incliné se trouve une "sous-station électrique".


Sous-station électrique

Pour améliorer sa protection et son accès, l'entrée des munitions se situe 24 mètres plus bas que l'entrée des troupes, située plus en hauteur et au même niveau que les blocs de combat. Cet écart entre les deux entrées est rattrapé derrière l'entrée des munitions, par un plan incliné souterrain, qui présente la particularité unique dans le Nord-Est d'être ascendant (comme ceux équipant certains ouvrages des Alpes comme le Lavoir).


Câblage du plan incliné


Schéma du plan incliné


Plan incliné, vue en coupe


Le wagon du plan incline


Le plan incliné, vue d'en bas


Plan incliné, en bas

Pour la communication, il existait un système de cablage téléphonique. Beaux câbles !


Système téléphonique


Détail d'un câble téléphonique à 224 conducteurs

Le coeur important de l'ouvrage du four à chaux était son système électrique. Chaque fort de la Ligne Maginot était équipé d'une usine électrique, permettant ainsi d'alimenter les blocs et la caserne en cas de coupure des lignes électrique venant des arrières.


Système électrique


Détail du système électrique

Le four à Chaux était équipé de 4 moteurs diesel Sulzer entraînant chacun une génératrice de 165KVa. Seul deux groupes sont visibles aujourd'hui.


Les deux groupes électriques


Un des deux moteurs Diesel


Détail d'un des deux moteurs


Détail d'un des deux moteurs

Le fort a eu affaire à plus de périodes de paix que de guerres. Pour occuper les soldats, il existait un petit "cinéma". En fait, juste un mur, et un sysème d'échelles au mur (on posait les planches sur les différents échelons visibles sur les murs et cela servait d'estrades).


Estrades

Fin de la visite en images du fort.


Canon américain de DCA


Un char disposé devant le fort

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