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Orbey, le lac blanc

SITUATION GEOGRAPHIQUE
Pays : France
Département : Haut-Rhin
Commune : Orbey

De passage dans les cols des Vosges pour se rendre à Colmar, petite halte restaurant près du lac blanc. Pas le temps de partir en excursion, mais le temps malgré tout d'apprécier ce lac et d'en découvrir les quelques curiosités à l'horizon, dont certaines curiosités seront évidemment approfondies au retour.

Première curiosité à l'horizon, le rocher au sommet duquel, bien que loin, on distingue la silhouette tant connu de la Vierge.

Deuxième curiosité à l'horizon, il y a des travaux EDF dans le coin, des travaux EDF suffisament importants pour qu'il y ait tout plein de panneaux explicatifs.

Et troisième curiosité, n'oublions pas tous ces chemins de randonnée au départ du lac blanc qui ne montrent qu'une seule et même direction : le lac noir.

Mais commençons par le lac blanc, au moins celui-là je l'ai vu !

Le lac blanc

Le lac Blanc est un lac d'altitude du massif des Vosges qui se situe sur le ban de la commune d'Orbey. Il tient son nom de la couleur du sable cristallin tapissant son fond. Situé à 1055 mètres d’altitude, il occupe un cirque glaciaire naturel, dans un cadre composé de rochers et de sapins. Le lac est dominé par un rocher en forme de forteresse appelé le « château Hans ».

72 mètres de profondeur, assez surprenant, on n'en a pas l'impression en le voyant si paisible.


Panneau d'altitude au Lac Blanc

Une fois garée au parkign du lac blanc, par beau soleil, le bleu du lac est magnifique. Un peu nuageux ce jour là, faut jouer avec la soleil qui fait cache-cache.


Le lac blanc, et ses rochers blancs à ses pieds


Une eau limpide, on aurait bien envie d'y faire une brasse

Puisque nous parlons d'eau limpide, il est temps de conter une des légendes que l'on peut trouver en référence à ce lieu. Texte d'origine en cliquant sur ce lien.

En des temps anciens, un jeune homme de grande bonté et générosité attisa la convoitise du Diable qui décida de lui prendre tout ce que le jeune homme pouvait posséder.

Quand le Diable lui demanda de lui offrir son troupeau de moutons, le jeune homme dans sa grande bonté lui donna sans discuter son troupeau de mouton. En effet, si le Diable lui demandait cela, cela voulait simplement dire que le Diable en avait plus besoin que lui. Continuant sur sa lancée, le Diable lui demanda de lui donner sa maison et le jeune homme lui donna sa maison.

Un jour, ce jeune homme tomba éperdument amoureux d’une magnifique jeune fille blonde, rencontrée au village d’Orbey, une vraie princesse.

Le Diable, qui ne ratait rien, la convoita et l’enleva au jeune homme comme ses moutons et sa maison. Le jeune homme en fut attristée et pensa que sa promise avait disparue à jamais.

Mais c'est là que les fées du lac blanc firent leur apprition et décidèrent de ne point laisser le Diable continuer avec le jeune homme et de protéger son aimée. Pour cela, elles précipitèrent le Château de Jean de la Roche (Hans von Felsenstein) qui se trouvait sur un rocher plus haut dans le lac et y cachèrent la belle jeune femme pour la protéger du Diable. Elles lancèrent alors un sort au lieu.

Le sort étaient que seuls les cœurs purs peuvent voir ce château magique dans le reflet miroir du lac. Seul un cœur pur pourra également ouvrir les portes du château et accéder au cœur de la Belle qui restera éternellement jeune jusqu’à ce qu’elle soit libérée du sort.

Malheureusement le jeune homme ne le savait pas. Il promena alors son désespoir pendant des années entre le Lac Blanc et le Lac Noir en espérant qu’un jour le Diable la lui rendrait. Les années passèrent et un jour d’automne, il s’assit sur un rocher surplombant le lac et laissa son regard errer sur la surface du lac reflétant les sapins et les rochers… quand soudain il vit le château. Son cœur étant pur comme la neige qui vient de tomber, il put en ouvrir la porte et sa promise fut libérée… en une fraction de seconde, le jeune homme rajeunit, il put enfin prendre la jeune fille dans ses bras et il purent enfin vivre heureux dans le château, protégés par les fées de tous les êtres mal intentionnés !

Bon, je n'ai pas aperçu le château en regardant dans le lac ... je n'ai pas le coeur pur ?? Déception:-(

En même temps, vivre pour l'éternité dans un château isolé et masqué du reste du monde, beuh ...


Le lac blanc, à son sommet (à gauche), le rocher Hans

Le site "le sentier des légendes" conte une autre légende. Elle nous explique pourquoi le lac blanc a cette couleur claire.

Les eaux du lac Blanc étaient jadis d'une couleur grise : aucune fleur, aucun arbre ne pouvait pousser au bord de ses eaux. Les poissons mouraient et flottaient à sa surface. Nul oiseau ne venait l'effleurer, nulle bête des bois ne venait y boire.

Il y avait alors au château de Plixbourg un seigneur qui désolait la vallée de Munster de ses exactions et de ses cruautés. Il brûlait les maisons de ceux qui ne pouvaient payer l'impôt. Il s'appelait Anselme. Il était marié à une princesse qui essayait, par ses bontés, de réparer le mal que faisait son époux. Elle avait donné à Anselme un fils, et un jour que l'enfant dormait sous un rosier, dans le jardin de Plixbourg, un aigle tournoya, fonça sur lui. le saisit dans ses serres et l'emporta. Aux cris et lamentations de la jeune mère, le seigneur Anselme accourut. Il vit disparaître l'aigle, derrière la hauteur du Hohneck.

Il partit sur son cheval ardent, demandant partout si l'on n'avait pas vu tomber son enfant. Il erra durant deux jours, après lesquels il s'en allait retourner chez lui, le cœur brisé, quand des bergers prétendirent qu'ils avaient vu l'aigle lâcher sa proie dans le lac, dont les eaux étaient devenues, soudain, blanches et cristallines.

Alors, le seigneur Anselme reprit le chemin de Plixbourg, jetant à poignées l'or que contenait sa ceinture, et se frappant la poitrine, en contrition de ses forfaits.


Vue aérienne du lac lanc, au dessus du rocher Hans
© Photos de nature, d’Alsace, de Lorraine et de France
par Yves Noto Campanella, photographe

Les légendes que l'on retrouve sur le lieu, tourne à peu près toutes autour de la même thématique. Une petite variante pour en finir avec le lac blanc (source, © "Vers les lacs et les cascades des Vosges"):

La légende dit que le rocher de Hans portait le Château de Jean de la Roche (Hans von Felsenstein), seigneur enclin à festoyer. Un berger renommé pour sa piété, gardait les vaches seigneurales sur les rives du lac. Le soir de la Toussaint, il protesta contre le tapage nocturne de monsieur le seigneur "Mais merde c'est la Toussaint aujourd'hui !" (enfin je ne suis pas sûr que merde fasse parti de l'histoire). Jean entendit et répondit à peu près sur ce ton "Tais toi donc, mon vin à moi est dans la cave, qu'on aille donc cherché du vin de la Saint-Jean", il s'agissait d'un vin de groseille très alcoolisé (les Vosgiens sont encore friands de ce genre de breuvage). La chouille de seigneur Jeannot reprit de plus belle, mais le ciel mécontent déchaîna les éléments et le château s"effondra, ne laissant comme seul vestige que le rocher Hans.

Le rocher Hans et la Vierge

Lorsque l'on est au lac blanc, il est impossible de ne pas lever les yeux vers ce sommet, le "rocher Hans".

On trouve une variante de la première légende mettant en scène un jeune homme et le Diable, avec toujours en scène ce rocher portant un château.

Hans, jeune bûcheron courageux et ami de la nature, vivait dans une cabane dans la forêt. Il était amoureux de la fille de son patron, mais il était aussi timide et le diable vient le tourmenter et l'amène à renoncer à l'amour de la belle qui en épouse un autre. Après des années, elle devient veuve et Hans finit par lui avouer son amour ; mais le diable veut se venger de leur bonheur en tuant Hans. Les génies de la forêt et les fées le sauvent de la mort, rendent à tous deux la jeunesse et leur offrent un château merveilleux invisible aux humains, sur les rochers du Lac Blanc. Le diable a beau se déchaîner, le château tient bon.

Au sommet de ce rocher, la Vierge.

Hans, berger ou bûcheron ? Hans, seigneur des lieux ? Château mystérieux ayant fini au fond du lac ? Château mystérieux visible que pour les âmes purs ? Le rocher gardera donc sa part de mystère. Attirant, on a envie d'être à son sommet. Le paysage doit y être grandiose.

Comme vous avez pu le voir, sur les cartes postales anciennes en ma possession, le rocher Hans n'est pas pourvue de vierge. Je n'ai rien contre Marie ni la religion en particulier, mais pourquoi encore aller dresser une vierge au sommet d'une montagne et pas un autre type de monument plus représentatif de la région ?

En cherchant sur le net, j'ai trouvé un blog qui montre une photo d'une plaque qui donne les indications suivantes :

Vierge bénie protège notre vallée fleurie
Cette statue, oeuvre de l'artisan Conti, a été bénie par l'abbé Debré et scellée le 26 aout 1977 par les fils Parolini.
Marraine : Mme Jean Baldinger
Parrain : Mr Guido Parolini
Don : Baldinger et Parolini

Il s'agirait donc d'un don local, datant seulement de 1977. Aucune autre info retrouvée sur la question, mais la date présente sur la plaque confirme mes cartes postales anciennes, la présence de cette vierge est récente.

Pourquoi n'y a-t-il pas un arstiste local qui aurait pu faire une statue de Hans, le diable et le château ? Ne sont-elles pas belles nos légendes ?

Le lac noir

Située un peu plus bas que le lac blanc (950 m), ce lac, également d'origine glaciaire, doit son nom à la couleur de son fond de tourbière.

Ce lac est donc situé un peu plus bas que le lac blanc, mais ils partagent tout d'eux leurs eaux comme vous pourrez le découvrir dans le paragraphe suivant sur la centrale électrique.

Comme je l'ai indiqué plus haut, mon excursion dans les Vosges ne m'a pas conduit au lac noir. Mais ma collection de cartes postales anciennes, elle, par contre le connait bien (cartes invendables d'ailleurs !!)

Si l'on se rappelle bien, un peu plus haut, j'ai fait référence à une légende expliquant la couleur claire du lac blanc. Le lac noir est donc en complète opposition à son frère.

La plupart des légendes racontent qu'autrefois, suite aux diverses punitions mystiques, les deux lacs avaient la même couleur, sombre. Une malédiction que seul un sacrifice humain pourrait lever. Ce qui se produit au lac blanc.

Est-ce qu'un même sacrifice permettrait la même chose au lac noir ?

La centrale électrique

Sur le site du lac blanc, à l'époque où je m'y suis rendue (septembre 2013), les ouvriers d'EDF sont en plein travail. Sur les lieux, quelques panneaux explicatifs.

Je découvre alors que le lac blanc et le lac noir sont tous les deux reliés par un système de type STEP : station de transfert d'énergie par pompage-turbinage.

Qu'est-ce que le pompage-turbinage me demanderez-vous ?
Le lac Noir est relié au lac Blanc (120 mètres plus haut) par une conduite qui permet la production d'électricité par turbinage aux heures pleines en alternance avec la recharge du lac Blanc, plus élevé, par pompage aux heures creuses.


Situation de pompage
L'apport d'électricité en heures creuses permet de pomper l'eau du lac noir pour la remonter vers le lac blanc.


Situation de turbinage
L'eau contenue dans le lac blanc est transférée par la conduite forcée dans le lac noir. Du fait de la différence de hauteur des 2 lacs, l'eau a une force potentielle très importante pour entraîner l'alternateur et produire du courant.

Et pour ceux qui ont besoin d'un peu plus de détail technique, ci-dessous le schéma intérieur de la centrale :

Et encore un peu de visuel pour finir :

Sur les cartes postales un peu plus haut, pas de trace de centrale électrique sur le lac noir. En effet la centrale électrique d'origine n'a été construite au lac noir qu'entre 1928 et 1933.

Il fait donc chercher quelques cartes postales un peu plus récentes.

Ne m'étant pas rendue au lac noir, je ne peux découvrir que l'ancienne centrale électrique a déjà été détruite, mais les archives du net sont toujours là pour nous tenir au courant :-)

Cette centrale n'est plus depuis 2009 (ou 2012 ?), année de sa démolition. Elle avait subi une grave avarie en 2002 la rendant inopérante, et fait désormais l'objet d'une reconstruction entière, toujours basée sur le même principe de "pompage-turbinage".

Les deux photos ci-dessous proviennent du même lien ci-dessus. Elles nous montrent la centrale avant démolition, et après démolition.


Avant la démolition


Après la démolition

A la fin des travaux, il nous faudra venir chercher la nouvelle centrale électrique. Ressemblera-t-elle à son ancêtre ? A priori non...

En effet, selon un article paru dans "L'usine Nouvelle" (nov 2011), de Thomas Calinon, "EDF prévoit que la centrale sera en puits, donc en grande partie souterraine (55 mètres de profondeur et 20 mètres de plus grande largeur), afin de limiter l'impact sur le paysage. Ces installations seront couvertes en surface par un bâtiment accueillant les matériels électromécaniques et électriques, les transformateurs et les locaux d’exploitation."

Si le futur bâtiment est positionné à 55 mètres de profondeur, il dépassera donc la profondeur maximum connu du lac noir, soit 45 mètres.

 


 

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