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Le septième continent

 

Le septième continent ... on pourrait croire à une nouvelle découverte géographique mais à notre époque cela parait peu probable.

Et pourtant ... malheureusement ...

Oui, il existe bien un septième continent ... un continent de déchets ...

On en parle depuis quelques années, de façon plutôt anecdotique, mais pourtant il est bien là ... affreux représentant de l'espèce humaine sur Terre

Ci-dessous compilations d'informations ...

 


 

Un nouveau continent ...

Si Christophe Colomb prenait aujourd’hui la mer avec ses trois caravelles et traversait l’Atlantique, il ne s’arrêterait pas sur les côtes du continent américain, déjà découvertes, mais franchirait le canal de Panamá à la recherche des Indes, sa destination initiale.

Mais ce n’est pas pour autant qu’il y parviendrait car, à mi-chemin, il tomberait sur un nouveau continent.

Gageons que ce célèbre explorateur aurait été bien déçu des "richesses" qu'il aurait alors découvert ...

Il aurait en effet découvert la “Grande plaque de déchets du Pacifique”, aussi appelée le “septième continent”.

Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique formant une "plaque" entre les côtes de Hawaii et de l’Amérique du Nord.

Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme six fois la France ou un tiers des Etats-Unis.

Dans cette région du globe, les courants, tournant dans le sens des aiguilles d’une montre, créent une spirale interminable, un puissant vortex qui fait tourbillonner les déchets en plastique tout comme le vent le fait avec des papiers gras dans un recoin d’une place.


Les courants créent une spirale interminable qui fait tourbillonner les déchets en plastique.

Le tourbillon, ou gyre subtropical du Pacifique Nord, accumule depuis des années des déchets plastiques venus des côtes ou issus de la navigation, les entraînant dans sa rotation et, par la force centripète, et les ramenant progressivement vers son centre.

Comment le vortex de déchets du Pacifique nord s'est-il formé ?

C'est un phénomène naturel qui est à l'origine de cette immense plaque de détritus : les gyres océaniques. Les gyres sont d'énormes tourbillons d'eau formés par des courants marins, eux-mêmes influencés par la rotation de la Terre. Selon le principe de la force de Coriolis, les gyres tournent dans le sens des aiguilles d'une montre dans l'hémisphère Nord, et en sens inverse dans l'hémisphère Sud. La force centripète de ces vortex attire les déchets, sur le même principe que l'attraction gravitationnelle générée par une planète sur un satellite. Il faut des années pour que les déchets ainsi attirés atteignent le centre du vortex.

On compte déjà dans cette partie de l’océan six tonnes de plastique pour une tonne de plancton. Ce quotient entre plastique et plancton est effrayant, et ce d’autant plus qu’il ne s’agit pas seulement de déchets de surface : sur l’essentiel de sa superficie, la couche de plastique de ce tourbillon d’ordures atteint une épaisseur pouvant aller jusqu’à 30 mètres.

"Il s'agit plutôt d'une multitude de micro-plastiques, d'un diamètre inférieur à 5 mm, en suspension à la surface ou jusqu'à 30 mètres de profondeur, difficiles à voir de loin. Mais quand on puise dans l'eau, on en remonte une quantité impressionnante." (François Galgani)

Cette pollution, encore invisible depuis l'espace, se retrouve dans cinq grand bassins océaniques, au sein du Pacifique Nord, mais aussi du Pacifique Sud, de l'Atlantique Nord et Sud et de l'océan Indien.

"De véritables trous noirs"

Science News ajoute que ces poubelles océaniques "pourraient être plus répandues que ne l’admettent la plupart des scientifiques". Ces zones seraient "de véritables trous noirs", explique l'océanographe Nikolai Maximenko à Science News.

"Une fois que des détritus y sont piégés, ils ne peuvent plus en sortir.”

Découvert en 1997 par l'explorateur Charles Moore, la plaque de déchets du Pacifique Nord (ou Pacific Trash Vortex) s'étend des côtes californiennes au Japon, autour de l'archipel d'Hawaï.

Débute alors une lutte contre le plastique mené par l'explorateur.

Charles Moore met à contribution les scientifiques de son ONG, l'Algalita Marine Research Foundation, pour mettre au point une méthode de quantification des déchets en filtrant l'eau des océans.

Des expéditions sont menées dans cette zone de 3,4 millions de km2 de 22 000 km de circonférénce, que l'on surnomme rapidement le "Great Pacific Garbage Patch" (la "grande poubelle du Pacifique").

L'équipe y dénombre 334 271 fragments de plastique par km2 en moyenne, avec des pics à 969 777 fragments par km2. En juin 2006, on trouvait en moyenne 46 000 morceaux de plastique par 2,5 km² d'océan.

La masse de plastique y est six fois plus élevée que celle du plancton, pour un poids estimé de plusieurs dizaines de milliers de tonnes à plusieurs millions, selon différentes études, dont les modes de calcul et résultats divergent.

Pas encore assez solide pour que l’on marche dessus

La formation de ce “septième continent” n’est pas un problème récent, mais on ne s’y est intéressé qu’il y a peu. Bien que représentant une importante superficie de l’océan, c’est une zone peu fréquentée par la navigation. Il n’y a pas de voiliers de plaisance, pas d’exploitation par la pêche industrielle, et on ne recense que quelques îles minuscules çà et là.

On ne peut pas encore marcher sur cet immense agglomérat de déchets, comme Jésus l’avait fait sur l’eau, mais le mouvement de rotation le rend chaque jour plus compact.

Son reclassement en terrain habitable n’est pas pour demain, mais la Terre, ou plutôt l’océan, va devoir faire face à un sérieux problème.

Cent fois plus de déchets en quarante ans

La masse totale de ce “continent” est estimée à 3,5 millions de tonnes, en majorité du plastique.

La surface polluée s'étire et se densifie à une vitesse exponentielle.

Depuis 1972, la concentration de microplastiques a été multipliée par 100 dans le Pacifique Nord. Selon des calculs de l’AMRF, la superficie de cette plaque de détritus a triplé entre 1997 et aujourd’hui (2014), et pourrait encore être multipliée par dix d’ici à 2030.

Selon le site Planet Green, 80% de ces ordures viennent des côtes. Le reste provient de la circulation maritime et des plates-formes pétrolières. .

Des détritus qui empoisonnent toute la chaîne alimentaire

François Chartier, jugeant l'expression "septième continent" abusive, préfère qualifier cet amas de détritus d'"énorme soupe de plastique". Appétissant.

Les plastiques ne sont pas biodégradables (leur durée de vie moyenne dépasse les cinq cents ans), et, au fil du temps, ils ne font que se désagréger en morceaux de plus en plus petits sans que leur structure moléculaire change d’un iota.

C’est ainsi qu’apparaissent des quantités colossales d’une sorte de sable de plastique qui, pour les animaux, a toutes les apparences de la nourriture.

Ces plastiques, impossibles à digérer et difficiles à éliminer, s’accumulent ainsi dans les estomacs des poissons et des oiseaux marins, qui finissent par mourir de malnutrition.

Les effets en cascade peuvent s’étendre via la chaîne alimentaire et toucher l’homme.

Par ailleurs, ces grains de plastique agissent comme des éponges, fixant de nombreuses toxines dans des proportions plusieurs millions de fois supérieures à la normale, comme le DDT (dichlorodiphényltrichloréthane, un pesticide) ou les PCB (polychlorobiphényles), des produits extrêmement toxiques.

Un fléau pour la faune

Greenpeace a recensé au moins 267 espèces marines gravement affectées par ce genre d’intoxication.

Sur les îlots, le sable est en plastique et les oiseaux marins sont gavés de fragments indigestes mais volumineux qui leur remplissent l'estomac. Ils avalent indifféremment des petit machins colorés qu'ils n'éliminent pas et finissent par mourir de faim, le ventre bien rempli.

Ce problème aurait bien une solution, certes digne des douze travaux d’Hercule, mais notre production de plastiques continuant de croître à un rythme exponentiel, et il faudrait un changement d’habitudes radical.

La technique d’élimination de ces plastiques est connue depuis des millénaires : c’est le chalut. La tâche pourrait être confiée à une partie importante de la flotte halieutique, qui voit ses ressources de pêche diminuer comme peau de chagrin. Mais la récupération de ces millions de tonnes de plastique coûterait plusieurs milliards d’euros.

Les tortues luths sont menacées par les sacs plastiques qu'elles prennent pour des méduses, et l'albatros... ses ailes de géant ne suffisent plus à soulever son ventre plein de détritus.

De nouvelles méduses ...

Si nous ne savons pas éliminer ces déchets en place ... rappelons-nous du temps nécessaire à Dame Nature pour s'occuper de nos déchets ...

Greenpeace estime qu’un million d’oiseaux et 100 000 mammifères marins meurent chaque année de l’ingestion de plastiques.

Toutefois ... dans ce vaste dédale de déchets toxiques, certaines espèces en profitent, comme l'Halobates sericeus, une araignée de mer qui pond ses œufs sur les débris.

Une manne inespérée pour les crabes, les poissons ou même les oiseaux de mer qui se nourrissent de cet insecte ou de ses œufs.

Mais l'Halobates est aussi un prédateur, qui affectionne le zooplancton et les œufs de poisson. En proliférant, l'araignée menace donc d'autres espèces présentes à cet endroit du globe.


Pour finir, quelques images qui résument à elles seules ce que "nous" en pensons et comment nous traitons ce problème à l'échelle de la Terre ...

Et si nous ne résolvons pas le problème, voilà les fossiles que découvrirons nos très lointains descendants ...


Publicité du 1er avril 2011 pour une association qui lutte pour la défense et la sauvegarde du littoral.
« Lorsque nous polluons la mer, nous polluons pour longtemps. Aidez-nous à garder la mer propre. »

 


Quelques unes des sources ayant alimenté cette page :

[RTS] [Le Monde] [Regard sur le monde] [Planete info] [Geo] [20 minutes] [Tout vert] [Futura Sciences]

 


 

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