Retour ŕ la page d'accueil A propos de moi ! Pour m'écrire
LES DEMEURES D'ETIENNE-MARTIN

 

Situation géographique
Pays France
Département Indre
Commune Issoudun
Une sculpture croisée à Issoudun ... "Demeure 17 - Puits-Fontaine". Le sculpteur : Etienne-Martin (1913 - 1995).

Soyons honnêtes : le sculpteur, jamais entendu parler. La sculpture, je l'aurais vue, photographiée et je serais passée à autre chose. Mais voilà, cette sculpture on ne l'a pas juste croisée, on a tourné autour plusieurs fois ... plusieurs fois car un jeu de piste nous y a conduit. Je ne me rappelle plus la question, si ce n'est qu'il fallait repérer les lettres, peut-être pour former un mot. Une belle idée d'énigme. Mais si on joue avec l'oeuvre, en espérant que l'artiste ne nous en veuille pas, peut-être pourrait-on se concentrer sur la sculpture et essayer de la comprendre.

Demeure 17
Musée de l'Hospice Saint Roch - sculpture Demeure 17

La "Demeure 17", aussi appelée Le Puits-Fontaine, se trouve à l'entrée du Musée de l'Hospice Saint-Roch. Cette sculpture est composée d'un abécédaire, creusé dans la sculpture, visible sur les différentes "branches".

Demeure 17
Musée de l'Hospice Saint Roch - sculpture Demeure 17, sous un autre angle

Étienne Martin, dit Étienne-Martin est un sculpteur français majeur du XXe siècle. Il fut élu à l’Académie des beaux-arts le 17 juin 1970, section Sculpture, au Fauteuil V. (oups, il est connu en fait !)

Demeure 17
Musée de l'Hospice Saint Roch - sculpture Demeure 17, et encore sous un autre angle

Mais ce qui est intéressant avec cette sculpture, c'est que même en ayant tourné autour au moins 10 fois, j'ai encore raté sur place la représentation féminine qui est évoquée dans un article de "La Nouvelle République".

----------------
Source : La Nouvelle République, Issoudun, Les mystères de la Demeure XVII
(extraits)

Aussi imposante soit-elle, la sculpture d'Étienne Martin installée à l'entrée du musée Saint-Roch (côté jardin) se fond presque dans le paysage. Le regard s'y accroche mais on peine à percer ses mystères. Créée en 1981, l'oeuvre s'intègre en réalité dans une série de sculptures consacrées aux demeures réalisées à partir de 1954. Dans cette série, Étienne Martin témoigne du déchirement ressenti suite à la vente de sa maison natale, dans les années 40. « Il s'était inventé tout un monde dans cette maison. Enfant, il avait rebaptisé toutes les pièces : le bureau de son père était devenu la chambre des écritures ; le grenier, la chambre des oiseaux, la cuisine, la chambre des nourritures, etc. »,explique Anne Gresy-Aveline, attachée de conservation au musée. Chacune de ces chambres est représentée par une lettre de l'alphabet qui figure sur la sculpture. « Cette codification entretient une part de mystère. Chez Étienne Martin, rien n'est fait de manière aléatoire. Tout à une signification. »

En son centre, un puits est surmonté d'une petite rigole où l'eau peut s'écouler. Tout autour, des formes anatomiques (pieds, seins, ventre de femme enceinte, cage thoracique) renvoient à la symbolique de la demeure, perçue comme une enveloppe protectrice à l'image du ventre maternel, « notre première demeure » disait Étienne Martin. Sur l'un des côtés de la sculpture, un visage féminin tourné vers le ciel apporte un côté rassurant et apaisant. « Ce visage a la particularité de recevoir la lumière d'une manière très différente, chaque jour, en fonction du temps et du moment de la journée. C'est fascinant. »

Pas vraiment étonnant car l'emplacement de l'oeuvre ne doit rien au hasard. Il a été choisi par Étienne Martin lui-même, à l'invitation de la Ville d'Issoudun. « En fait, l'oeuvre résulte d'une demande publique formulée par la Ville. Le Fonds national d'art contemporain (Fnac) a proposé cette sculpture d'Étienne Martin. Elle était initialement destinée à une place d'Issoudun. Mais lorsque le sculpteur est venu visiter le musée, son choix s'est porté sur le jardin. »

----------------
------------------

Du coup, j'ai cherché, et j'ai trouvé le visage ... ci-dessous photo de présentation de l'oeuvre réalisée par le musée. Si je ne me trompe pas, c'est bien un visage, nez au centre, la bouche et deux yeux, que l'on peut distinguer sur le dessus de la sculpture.

Demeure 17
Musée de l'Hospice Saint Roch - sculpture Demeure 17, le visage féminin

Et les autres Demeures ?

Son travail est marqué par l'abstraction, l'expressionnisme et l'expérimentation. Ses matières de prédilection sont le bronze et le bois de différentes essences. Il utilise aussi le tissu. Il réalise un mélange des genres de la sculpture et de l'architecture, qui va de pair avec un goût pour le monumental, notamment dans la seconde moitié de sa vie artistique. Le cycle des XX Demeures interroge les concepts de temps et d’espace. Ce cycle est l'une de ses œuvres-phares qu’il réalise de 1954 à 1984 en hommage à sa maison natale de Loriol, perdue en 1945, qui constitue le cœur de sa mythologie personnelle.

Et ce sont justement ces "Demeures" qui m'intriguent, car la sculpture d'Issoudun fait en réalité partie d'une série. J'ai émis l'hypothèse que 17 pouvait être une année, un numéro de rue ... mais je n'avais pas envisagé qu'il s'agisse d'un numéro de série. Mais du coup, elles sont où les autres Demeures ?

L'artiste a réalisé de nombreuses oeuvres, et s'il est autant connu pour ses Demeures que pour ses autres oeuvres, il n'est malgré tout pas évident de "mettre la main" sur ces sculptures, car certaines existent en plusieurs exemplaires, d'autres utilisent leur second nom, toutes ne sont pas en France ou sont dans des collections privées, bref, en gros c'est compliqué !!

Malgré tout, dans ma recherche j'ai constaté que j'en avais déjà croisé deux à Paris, dont une dont j'ai retrouvé la photo sur les quais (Demeure I). Je suis sûre d'avoir pris la seconde en photo (demeure X dans le parc de Bercy), mais je ne remets pas la main dessus.

Demeure I
Sur les quais de Paris - Demeure I (photo prise en 2017)

Demeure X
Parc de Paris Bercy - Demeure X (Photo Paris la douce)

Petite explication des Demeures

Il me faudrait sans doute lire son livre "les demeures-mémoires" pour comprendre véritablement son oeuvre, mais ce n'est pas un livre si facile que ça à trouver à bon prix. Ce que l'on sait des oeuvres de l'artiste c'est qu'il s'est inspiré de sa maison natale. Chaque sculpture symbolise une pièce différente de son ancienne habitation.

Il crée des Demeures, dans lesquels on peut s'asseoir, déambuler où intérieur et extérieur sont entremêlés, en dialogues. Il donne une vision de la sculpture comme un creux habité. Expérimentant la matière, bois, pierre, plâtre, utilisant des matériaux étrangers, jusque là, à la sculpture comme le tissu, Etienne-Martin a développé une pratique singulière très personnelle marquée par le goût de l’énigme.

La majorité des sculptures de cette série sont en bronze, sauf la Demeure V qui est en tissu. En 1962, Etienne-Martin réalise la Demeure V, une oeuvre atypique dont l'archaïsme empreint de religiosité et la force énigmatique tranchent avec le paysage artistique du début des années 1960. La Demeure V est la première sculpture-vêtement dans l'art du 20e siècle.

Demeure V
Demeure V "le manteau"

Voici la liste que j'ai pu établir, mais sans garantie que tout soit correct. Si vous avez la possibilité de la compléter / corriger, n'hésitez pas :) Si vous avez aussi des photos, idem :)

Demeure I - Paris, quai Saint-Bernard / Jardin Tino-Rossi ; il existe aussi un exemplaire au Bois Orcan
Demeure II - Musée d’Art moderne de Paris
Demeure III - Musée national des beaux-arts du Québec ; autre exemplaire présenté au Kröller-Müller Museum
Demeure IV "Lanleff" - Amiens, près de Saint-Leu ; il existe aussi un exemplaire au Bois Orcan
Demeure V "Le manteau" - Paris, centre Pompidou
Demeure VI - pas d'information trouvée
Demeure VII - pas d'information trouvée
Demeure VIII "Demeure soleil" - Stedelijk Museum, Amsterdam
Demeure IX "Opéra" - Bois Orcan, Noyal-sur-Vilaine
Demeure X - Parc de Bercy, Paris ; il existe également une petite version au MAM Paris
Demeure XI "La XXIe lame du Tarot" - collection privée
Demeure XII "Le Passage ou la Tour des Ombres" - Musée d’Art moderne de Paris
Demeure XIII - pas d'information trouvée
Demeure XIV "Le Fil du temps" - Musée d’Art moderne de Paris
Demeure XV "Le Mur-Miroir" - Paris, Centre Pompidou
Demeure XVI "Celle qui veille" - Musée d’Art moderne de Paris ; existe aussi au Bois Orcan
Demeure XVII "Le Puits-Fontaine" ou "Maison de l’Est" - Issoudun, Musée de l’Hospice Saint-Roch
Demeure XVIII - pas d'information trouvée
Demeure XIX - pas d'information trouvée
Demeure XX - Les Terrasses de la Terre et de l’Air, Clermont-Ferrand, place du 1er-Mai

Ci-dessous les différentes photos des Demeures; sauf mention contraire, toutes proviennent des sites officiels hébergeant les oeuvres.

Demeure II
Demeure II, Musée d'Art Moderne de Paris MAM

Demeure III
Demeure III, Musée national des beaux-arts du Québec

Demeure IV
Demeure IV, Bois Orcan

Demeure X, petite demeure
Petite demeure X, Musée de Paris Collection

Demeure XVI
Petite Demeure XVI, Musée de Paris Collection

Demeure Etienne-Martin
Une Demeure non identifiée, datée de 1955, vendue aux enchères en 2017 (photo catalogue de vente).

Utilisation des photographies

Sauf mention contraire, les photographies présentées sur ce site sont des clichés personnels réalisés au fil de mes voyages, visites et découvertes.
Elles sont publiées avec un filigrane de protection, mais peuvent être réutilisées gratuitement sous réserve de créditer leur auteur.
Si besoin, je peux fournir les fichiers originaux sans marquage et en meilleure qualité sur simple demande.