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Les églises fortifiées de la Thiérache (Aisne)
et les ruines de l'abbaye de Foigny


La route des églises fortifiées

Quand vous arrivez dans la région de la Thierache, les panneaux routiers vous invitent à suivre la route des églises fortifiées.
Quand vous prenez le guide routier pour savoir de quoi il s'agit, vous lisez qu'il s'agit d'une route balisée formant une boucle de 150 kilomètres. Ce n'est probablement pas que la route soit inintéressante, mais 150 km c'est quand même beaucoup !
Finalement, on se contenta de suivre (partiellement) un chemin de randonnée piétonnier pour en voir quelques unes.


N'étant pas du tout originaire de cette région, la Thiérache est quelquechose que je n'avais jamais entendu parler avant de prendre la route direction la Belgique.

Donc, pour commencer, parlons de la Thiérache : il s'agit d'une région frontalière (France-Belgique) qui fut sans cesse envahie du Moyen-Age jusqu'aux guerres franco-espagnoles.
Pour se protéger, les habitants de cette région, ne possédant ni châteaux-forts ni remparts, fortifièrent leurs églises. Cette fortification donne, pour certaines, un mélange assez bizarre de pierres blanches et de briques rouges.

L'église de Prisces ci-dessous donne une bonne idée de ce mélange de pierres.



Eglise fortifiée d'Origny en Thiérache

Les églises bâties au XII et XIIIème siècle ont vus apparaître les donjons carrés percés de meurtrières, de tours rondes et d'échauguettes aux XVI et XVIIème siècle.


Le donjon de l'église de Prisces est un donjon carré en brique rouge d'une hauteur de 25m présentant deux tourelles opposées en diagonale. A l'intérieur, les quatre étages pouvaient abriter une centaine de combattants avec armes et provisions.


L'église de Burelles est également assez typique avec son mélange de pierres blanches et de briques rouges. Contrairement à la précédente, elle ne date que du XVIème siècle mais comporte de nombreux éléments défensifs différents : meurtrières, donjon avec tourelle et échauguette, croisillon à bretèche et échauguettes. L'étage du transept est une chambre forte.


Sur le chemin, bien que non listée dans le guide, nous trouverons l'église de Bancigny, également fortifiée.

Au retour de rando, Internet me donnera malheureusement peu d'infos sur cette église ce qui est bien dommage puisqu'elle m'a bien plu, peut-être son côté grosses pierres-petites pierres, mi-blanches mi-rouges, qui a l'air mal fini.

Sur les infos glanées, je peux vous dire qu'il s'agit de l'église Saint-Nicolas et que sa façade est flanquée de deux grosses tours circulaires de défense.

Mon guide ne liste que 20 églises fortifiées, mais il semblerait qu'il y en existe environ 65 dans la Thiérache, celle de Bancigny étant l'une d'elle.

Et comme il me reste un peu de place à gauche de la photo, j'en profite pour dire qu'il est bien dommage que toutes les églises aient désormais portes closes, si l'extérieur de ces édifices ont effectivement un grand intérêt, l'intérieur aurait probablement pu réserver quelques surprises intéressantes.


Finalement, la dernière église fortifiée que je mettrai en ligne sur cette page sera l'église fortifiée de Plomion : l'église Notre-Dame. Cette église est flanquée de deux tours et pourvue d'un donjon carré (avec une salle-refuge). Elle dispose également d'un clocher massif.

Sa particularité, contrairement aux précédentes, est d'avoir été bâti d'un seul jet à la fin du XVIème siècle, ce qui lui donne un aspect beaucoup plus homogène.


Comme écrit un peu plus haut, la Thiérache s'enorgueillit d'environ 65 églises fortifiées et cette page n'en montre malheureusement que 5 rencontrées sur le chemin.

La randonnée complète dure 3 jours, nous n'avions qu'une demi-journée, ce n'est peut-être que partie remise.

Quoiqu'il en soit, comme vous pouvez le voir, vous avez encore 60 églises à découvrir dans cette petite région sympathique de l'Aisne pas bien loin de la frontière franco-belge.
Et si la marche à pied vous fait peur, dîtes vous qu'il s'agit d'églises, qu'elles sont situées au centre des différentes communes de la région et que la voiture peut vous y conduire...

Pour les personnes ne connaissant pas du tout ce type d'architectures, il est plutôt sympa d'aller en découvrir une ou deux en passant.

Avant de vous quitter, encore un petit paragraphe sur les ruines de l'abbaye de Foigny qui se trouve sur le chemin.


Eglise fortifiée de Beaurain, contribution d'un internaute (@ G.B.)


"La magnifique église de Beaurain située à 4 Km/h à l'est de Guise. Pour moi l'une des plus belle ...
Il y a un petit cimetière autour mais le le site est superbe, en haut d'une petite colline verdoyante isolée.
Elle possède un charmant petit livre d'or à l'entrée où beaucoup de gens sont venu témoigner leur affection, sans compter les prières des locaux et des pelerins."



Les ruines de l'abbaye de Foigny

Pourquoi un paragraphe sur les ruines de l'abbaye de Foigny ?
Parce que nous sommes tombés dessus complétement par hasard, comme si le site était complétement oublié. Donc pour ne pas l'oublier un peu plus, parlons-en ...

L'abbaye de Foigny est une ancienne abbaye cistercienne fondée en 1121 qui compta jusqu'à 500 moines et convers sur un parc de 12000 hectares. L'église seule mesurait 120 mètres de long.

L'abbaye fut détruite pierre à pierre après la Révolution.


Vestige du coeur de l'ancienne abbaye
Aujourd'hui, il ne reste qu'une petite chapelle datant du XIXème siècle érigée sur le choeur de l'ancienne église abbatiale. A l'intérieur de la petite chapelle, on peut voir le tombeau du Bienheureux Alexandre , un frère convers mort en 1229 à Foigny.

Ce frère convers, chargé de la garde des troupeaux, se distingua par sa sainteté. On le disait fils du roi d'Ecosse et il est écrit qu'il pourrait en effet être l'un des bâtards du roi Guillaume le Lion (1165-1214). Il mourut en odeur de sainteté le 4 mai 1229 et fut enterré dans le cimetière de l'abbaye (son tombeau est aujourd'hui le seul vestige subsistant du cimetière). Plusieurs miracles s'étant accomplis à son tombeau, son culte se répandit dans le pays. Une fontaine à proximité, à qui l'on prête des vertus curatives, porte son nom.

Du monastère il ne reste plus que quelques bâtiments du XVIIIéme s, qui servent d'habitation. Quant à l'église, il n'en reste qu'un massif de maçonnerie informe qui marque le coin de la nef et du croisillon nord. Dans la chapelle construite à la fin du XIXe s, ont été rassemblés quelques souvenirs de l'abbaye.

Cliquez ici pour accéder au texte complet de l'histoire de l'Abbaye Cistercienne de Foigny

Ci-dessous le tombeau du Bienheureux Alexandre, merci à G.B., pour les photos et la correction apportée à mon site.


(màj 19-08-2012)

Quand vint la Révolution, l'abbaye de Foigny comptait onze religieux. La plupart d'entre eux rentrèrent dans leur famille. Plusieurs se marièrent. Mais il y en eut trois qui ne voulurent pas quitter le hameau de Foigny et qui y finirent leurs jours. En 1793, le monastère, fut transformé en hôpital militaire. Puis il fut vendu ; et tous les bâtiments y compris l'église, furent peu à peu démolis. Parmi les tombeaux qui se trouvaient dans l'église, il faut signaler celui de l'évêque Barthélémy. Son corps put être exhumé à temps et enterré dans la petite chapelle du bienheureux Alexandre, où l'on peut encore admirer sa belle pierre tombale.

Barthélemy, évêque de Laon, moine cistercien de Foigny

L'homme et la mort autrefois à Laon, Claude CAREME

Barthelemi évêque de Laon de 1113 à 1150 démissionne et finit sa vie comme humble moine dans l’abbaye de Foigny. Les frères rendent les honneurs dus à l’évêque. Ils l’ensevelissent avec ses habits pontificaux, sa mitre et sa crosse, selon l’usage, dans un sépulcre monolithe placé au milieu du choeur, privilège réservé aux seuls abbés et grands personnages. La pierre qui recouvre alors sa tombe est vraisemblablement détruite au siècle suivant ; on ignore si elle portait une inscription. Vers le milieu du XIII” siècle, les moines reconnaissants placent sur sa sépulture une pierre bleuâtre surélevée d’environ un pied au-dessus du sol portant gravée en creux l’effigie de Barthelemi ; la longueur de cette dalle est de 1,95 m ; sa largeur dans la partie supérieure est de 58 cm et aux pieds de 42 cm seulement. L’évêque y est représenté dans sa grandeur naturelle, le front ridé, et les yeux baissés dans l’attitude de la prière.

En 1740, Dom Huot prieur claustral de Foigny travaille au dallage de l’église. I1 fait enlever la pierre tumulaire de Barthelemi et la fait transporter derrière le maitre-autel. On la remplace par une dalle en marbre blanc sur laquelle on grave une courte épitaphe. En 1797, l’abbaye devient la proie des démolisseurs Amy et Therrien ; deux prêtres du diocèse de Laon ont l’autorisation de leur évêque en exil (Sabaran) d’exhumer les restes de Barthelemi de Jur.

Ils retrouvent le sarcophage fait d’un bloc de pierre blanche creusé en forme d’auge, long de 1,77 m à l’intérieur.

La pierre supérieure levée, l’évêque leur apparut tout entier; il se présentait de face, les bras allongés le long du corps et semblait dans un état de conservation parfait.

Au premier contact, il tombe en poussière. Les cendres, recueillies dans un cercueil de bois, sont transportées sous l’autel même de la petite chapelle de saint Alexandre, prince écossais mort à Foigny au XIIème siècle, sous l’habit de frère convers. Le feu est allumé dans le cercueil après inhumation, selon la tradition de purification. La pierre tumulaire y est disposée aussi par le propriétaire.

En 1843, le comte Félix de Mérode, descendant de la famille de Barthelemi de Jur par les rois d’Aragon issus de la famille de Roucy, la découvre. I1 veut sauver l’évêque de l’oubli. I1 fait faire de la dalle un fac-similé en marbre qu’il offre à la cathédrale de Laon, le 15 août 1843, au cours d’une imposante cérémonie.

Barthelemi est placé sous un édicule ogival, trilobé, percé de fenêtres rectangulaires ornées de vitraux, au toit couvert de plaquettes arrondies et surmonté d’une crête tréflée et fleurdelisée aux extrémités, et flanqué de tourelles aux pinacles triangulaires, le tout supporté par deux colonnes aux chapiteaux ornés de feuillage. Barthelemi est vêtu d’une aube fort large garnie dans le bas d’un parement brodé alternativement de roses et de lis, de la tunicelle descendant à mi-jambes, de l’orfroi assorti au galon de la tunicelle, de l’angusticlave, de l’étole descendant jusqu’aux pieds ; la croix y est figurée par quatre feuilles ; les mains sont couvertes de gants cachant une partie de l’avant-bras ; celui de la main droite présente un anneau pastoral orné d’une pierre taillée très saillante ; le bras gauche retient la crosse dont le travail reproduit les feuilles de l’ogive et l’ornementation de l’orfroi. La volute de la crosse est terminée par une tête d’animal dont les oreilles sont démesurées ; sa pointe est mordue par le dragon légendaire placé entre les pieds de l’évêque. La mitre, à soufflet et fort pointue, offre un triangle parfait. Un petit ange est placé près de l’épaule droite de Barthelemi qui tient un encensoir à la main.

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