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Situation géographique
Pays
France
Département
Vienne
Commune
Amberre
La luminosité du jour était particulière, et rendait bien la couleur jaune-orangé caractéristique du site (plus orangé en ce qui me concerne).
Nous sommes donc dans la Vienne, près de la commune d'Amberre, et il y a 16 millions d'années (Miocène) s'y trouvait une mer chaude, peu profonde, comparable aujourd'hui aux Bahamas ou à certaines zones des Caraïbes : la mer des Faluns. En gros, une lagune tropicale au nord de Poitiers, et qui embarquait alors aussi une partie de la Bretagne ! Voici une carte ci-dessous pour s'y retrouver. Une mer chaude en Bretagne quand même ?!
"Elle s'étendait de la Normandie jusqu'en Vienne en formant un bras de mer passant par la Bretagne, l'Anjou, la Touraine et le Blésois. "
"Les courants y étaient violents et changeants, charriant des tonnes de déchets coquilliers issus de cette vie foisonnante. Le paysage sous-marin était constitué de dunes sableuses mouvantes. Les eaux peu profondes et claires du site étaient hantées par des créatures d’un autre âge : le Carcharodon, ancêtre de nos requins et long de quinze mètres… aux dents acérées ! Une autre originalité est ce sirénien de plusieurs tonnes, broutant des algues et des centaines d’espèces de bivalves et autres crustacés ..." Si comme moi vous vous y connaissez peu en dinosaures, le Carcharodon, comme indiqué, en gros, c'est un requin, et les siréniens, ça ressemble à des lamantins ou à des dugongs.
De par sa propre définition, les faluns sont des dépôts sédimentaires constitués principalement de sable calcaire jaune-orangé et composés principalement de fragments de coquillages, de coraux, de bryozoaires et d'autres organismes marins.
Il y a sur le site divers panneaux qui décrivent les espèces les plus présentes (car plus d'un millier d'espèces y ont été découvertes). On y décrit également le schéma synthétique de la chaîne alimentaire de l'époque, qui ressemble beaucoup à celle d'aujourd'hui, l'homme en moins en haut de l'affiche.
De nos jours, nous sommes donc dans une carrière de sable calcaire qui a été exploitée par l'homme jusque dans les années 1980.
"Les anciennes carrières d'Amberre constituent aujourd'hui un site géologique d'intérêt majeur. Elles permettent d'observer directement les différentes couches sédimentaires et de comprendre comment une mer tropicale a progressivement disparu pour laisser place aux paysages actuels. Les faluns sont les vestiges d'un ancien littoral tropical aujourd'hui situé à plus de 150 kilomètres de l'océan Atlantique." La mer est apparue lors d'une transgression marine, c'est à dire une avancée de l'eau dans les terres, les eaux de l'océan atlantique se surélevant à cause de la chaleur (fonte des pôles). Puis la mer disparait quelques millions d'années plus tard quand le climat se refroidit (reconstitution des glaces aux pôles), il s'agit alors d'une régression marine. En gros, on parle d'un dérèglement climatique ;) - Si vous ne voulez pas entendre parler de dérèglement climatique, ne lisez pas la suite. Plus sérieusement, si le sujet climatique vous intéresse, il est toujours bien de comparer ce qui a existé avec ce qu'on vit aujourd'hui. Le dérèglement climatique actuel pourrait conduire à un phénomène comparable, mais avec deux différences fondamentales : la vitesse et l'origine des changements géologiques. Au Miocène, la Mer des Faluns est apparue parce que deux facteurs se sont combinés : un climat plus chaud qu'aujourd'hui, et un niveau des océans plus élevés. Aujourd'hui, le réchauffement climatique provoque également une montée du niveau des mers : les glaciers fondent ajoutant de l'eau aux océans, l'eau se dilate. Donc, oui, théoriquement, le climat actuel pourrait conduire à retrouver une mer en plein milieu de la France. "Les faluns témoignent d'une époque où le climat de la Terre était naturellement plus chaud qu'aujourd'hui. Le climat a toujours évolué au cours de l'histoire géologique. Ce qui distingue la période actuelle n'est pas le fait que le climat change — cela s'est produit à de nombreuses reprises — mais la rapidité de ce changement et son origine, principalement liée aux activités humaines selon l'état actuel des connaissances scientifiques." C'est donc bien là que la différence joue.
> La première différence, c'est la vitesse.
> La deuxième différence, c'est l'origine des changements.
Toutefois, même si le dérèglement climatique actuel accélère les choses, il faudrait largement plus d'un siècle pour voir la mer revenir - il faudrait même plusieurs milliers voire millions d'années.
Projection :
Désolée les Viennois, il vous faudra faire encore quelques centaines de kilomètres pour avoir les pieds dans l'eau salée ;) - ou patienter !
Utilisation des photographies
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